Le collectif féministe Insomnia libère nos règles dans les fontaines parisiennes

Presqu’un an après avoir dénoncé les féminicides en dévoilant l’identité des victimes sur les abris bus de la capitale, les membres du collectif Insomnia fêtent aujourd’hui la Journée internationale du droit des filles en peignant de rouge les fontaines de Châtelet, Hôtel de ville ou Concorde.

Une action sanglante

La nuit du 10 au 11 octobre fut agitée pour le collectif Insomnia qui préparait une action des plus sanglantes. Afin de dénoncer les tabous sur les menstruations et la négligence dont sont victimes les personnes menstruées, une quinzaine de fontaines ont été soigneusement recouverte de peinture rouge. Des slogans ont également été placardés sur ces dits fontaines : « Des tampons sains pour nos vagins », «Le sang de la violence ne choque pas, le sang des règles dégoûte» et « notre sang, notre souffrance, leurs règles ».

Si le débat sur la « taxe tampon » (considéré alors comme des produits de luxe) avait fait des émules au Sénat et dans l’opinion publique à l’automne 2015, il n’en est pas moins que nos règles continuent de faire couler de l’encre et la lutte pour plus d’équité menstruelle continue. Des espaces d’information, de prévention (concernant l’endométriose et le syndrome du choc toxique), de discussion sur les règles manquent cruellement et les tabous qui en découlent sont nombreux.

Leurs revendications sont claires

« Par son action, le collectif INSOMNIA exige :

  • La baisse de la taxe sur les protections hygiéniques jusqu’à 2,1 %
  • La gratuité des protections hygiéniques pour les filles de moins de 18 ans et les femmes en situation de précarité
  • L’accès à des protections hygiéniques dans les espaces publics (rue, écoles, gares, etc.)
  • Une sensibilisation sur le caractère normal des règles dès le plus jeune âge
  • De la transparence sur la composition des tampons et serviettes
  • Plus de recherche et d’information sur les infections et les maladies liées aux règles ainsi qu’une vraie prise en charge des femmes qui en souffrent » (Extrait du communiqué du collectif)

L’urgence est donc là : déconstruire ses tabous, faire avancer la recherche et donner des moyens à tousTes pour se fournir en protections périodiques.

Fanny Godebarge

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