QUEERSTIONNAIRE #1 – Ottoline

Inspiré à la fois de Proust et Pivot, la rédac de Friction Magazine a décidé de proposer son queerstionnaire à des personnalités qu’elle aime. Une façon ludique – on l’espère – de faire connaissance. On commence cette série estivale, à scroller sur la plage, ou dans son lit sous la pluie, avec Ottoline, bébé DJ qu’on a pu entendre dans pas mal de soirées queer, puisqu’elle a joué pour la Queer Week, à la Shemale Trouble, ou encore pour la bien barrée Kidnapping ou la soirée de la Brigade du Stupre en novembre dernier.

©Olivia Zinsou

1. Le principal trait de ton caractère ?
La spontanéité

2. Ton principal défaut ?
L’anxiété. Un poison

3. Ton occupation préférée ?
Actuellement, puisque la plupart de mes amis sont en vacances et/ou me font la gueule, je regarde beaucoup de films d’horreur. C’est la première fois que je me tape un binge-watching pareil. Je me suis rendu compte un peu par hasard, il y a quelques semaines, après avoir regardé Split, que les effets de l’adrénaline ressentie pendant le film perduraient même après la fin du visionnage. Depuis, je n’arrive plus à m’arrêter. Je ne sais pas si c’est la catharsis ou le fait que pour une fois ma peur est “justifiée”, mais en tous cas, quelque chose provoqué par ces films m’aide à ré-équilibrer mon système nerveux, et c’est régénérant, limite purifiant.

4. Ce que je voudrais être ?
La personne que je suis actuellement mais avec +++ de confiance en moi

5. Le métier que tu n’aurais pas aimé faire ?
J’ai énormément de mal à me projeter dans un quelconque avenir professionnel… Là typiquement je reprends un cursus de recherche universitaire pour étudier l’histoire sociale des peintres et sculpteurs italiens entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècles, ce qui va de toutes façons m’ouvrir zero portes

6. Ta drogue favorite ?
Le sexe… Non je rigole. Le tramadol.

7. Ton rêve de bonheur ?
Pouvoir me souvenir de toutes les choses qui m’ont fait rire, les rassembler dans un grand sac et piocher dedans pour me remonter le moral quand je suis triste. Je note déjà certaines phrases mais j’aimerais pouvoir revivre, m’immerger à nouveau dans la situation exacte.

8. Quel serait mon plus grand malheur ?
L’oubli. Je me remettrais jamais de la facilité déchirante avec laquelle les choses, les sentiments passent. Tu te retrouves face à face avec la personne et tu te rends compte tout à coup que ça ne te fait plus rien. Et quand tu te souviens de ce qu’elle te faisait ressentir, c’est déjà de la nostalgie.

9. Ton mot préféré ?
Mamihlapinatapai, un mot de la langue yagan (parlée en Terre du Feu), qui désigne “un regard partagé entre deux personnes dont chacune espère que l’autre va prendre l’initiative de quelque chose que les deux désirent mais qu’aucun ne veut commencer”. C’est pas TROP MIGNON??????????????????
De manière générale, j’aime beaucoup les mots difficiles à traduire, comme tingo, un mot de la langue pascuane, qui signifie “prendre des objets qu’on désire de la maison d’un ami puis, progressivement, les lui emprunter tous”, ou Ilunga, un mot de la langue tshiluba (parlée au Congo), qui qualifie “une personne qui est prête à pardonner tout abus une première fois, à le tolérer la deuxième fois, mais à ni le pardonner, ni le tolérer une troisième fois”.

10. Le mot que tu détestes ?
“Collation”. La façon dont sonne ce mot me dégoûte. Quand je faisais des activités de groupe dans un cadre scolaire ou whatever, il y avait toujours un adulte pour dire à un moment “Uhuhuh, vous avez bien mérité une petite COLLATION” avant de nous distribuer des vieilles madeleines de 3cm enveloppées dans de l’alu. Il se glissait ensuite entre les bruits d’emballages qui se déchirent et d’enfants qui mâchent pour nous regarder manger en susurrant “Alors, c’est bon, cette petite COLLLLLATTTTION ?????????”

11. Le son, le bruit que tu aimes ?
Le son de la voix des personnes que j’aime, qui m’apaise.

12. Le son, le bruit que tu détestes ?
Tous les crissements : des ongles sur un tableau noir, d’une cuillère dans une tasse, etc.

13. Ton juron, gros mot ou blasphème favori ?
J’essaie de ne plus utiliser des mots sexistes comme “putain” et “salope”, donc généralement je me rabats sur des onomatopées.

14. Ton héros/héroïne favori/te dans la fiction ?
Alice, dans Alice au pays des merveilles. J’aime son rapport conflictuel avec l’absurdité et la façon dont elle la confronte à la fin.

15. Tes héros/héroïnes dans la vie réelle ?
Les gens que j’aime, encore et toujours, et ceux que j’aimerai plus tard.

16. Une personne pour illustrer un nouveau billet de banque ?
“Illustrer”, dans quel sens ?
Pour le dessiner : Jouana Jasim.
Pour figurer dessus : Valentin Gleyze.

17. Un.e créateur.trice que tu admires particulièrement ?
Powell. Je l’ai entendu deux fois en live et il a cette manie de ne jamais jouer un même thème pendant plus de 30 secondes, ce qui fait que dès que tu commences à entrer dedans et à bouger en rythme, ça switche et tu te retrouves à nouveau perdu. C’est terriblement frustrant et ça te maintient en haleine tout du long.

18. Les personnages historiques que tu méprises le plus ?
Les lâches.

19. Les fautes qui t’inspirent le plus d’indulgence ?
J’ai du mal à en vouloir à quiconque à partir du moment où la personne n’est pas malveillante.

20. Ta devise ?
Partir du principe que personne ne va s’embêter à te juger et qu’au pire, si les gens te jugent de façon négative, alors c’est des boloss voilà.

Son blog : https://ottosync.wordpress.com/

 

1 Comment

  • […] Après la DJ Ottoline, c’est au tour de Maïc Batmane, graphiste le jour, sérigraphe-affichiste et super-héroe la nuit, de s’y coller. En parallèle d’une formation classico-classique à Estienne puis aux Arts-Déco de Paris de 2002 à 2008, elle découvre les fanzines, la culture queer, l’état d’esprit DIY (Do It Yourself), et se pacse avec une photocopieuse. Maïc expose dans des librairies-galeries, des boutiques de tatouage, des salons de zines, des bars de gouines et autres lieux interlopes, dans lesquels elle s’installe aussi parfois derrière une platine pour vous faire transpirer. Rencontre. […]

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