Culture du viol feat. Lesbophobie : Ottoline déteste la police 

Dans la nuit du 1er au 2 août 2017, j’ai été droguée puis violée par deux inconnus. Dès le lendemain, j’ai entrepris des démarches de poursuite auprès de la police judiciaire. L’ensemble de ces événements a été traumatisant, tant l’agression sexuelle en elle-même que le mépris misogyne et aliénant des officiers qui ont enregistré ma plainte. Les policiers ont présumé que mes violeurs étaient innocents jusqu’à preuve de leur culpabilité, et que moi, la victime, étais une menteuse jusqu’à preuve de ma sincérité. Or, ils ont ignoré les preuves pourtant significatives que je leur apportais, et ont préféré me demander d’autres preuves… impossibles à obtenir.

Je ressens aujourd’hui le besoin de relater publiquement ces faits afin de partager ma colère et mon indignation face à la culture du viol. En effet, si les violeurs sont poussés à violer, ce n’est pas tant par des pulsions sexuelles irrépressibles individuelles que par le sexisme systémique qui, par un ensemble d’injonctions et de pressions stigmatisantes et oppressives, alimente l’objectivation des femmes et légitime implicitement les agressions sexuelles. Comme le prouve l’hostilité de la police à mon égard, cette institution, pourtant censée théoriquement assurer la sécurité des citoyenNEs, alimente cette névrose de masse. 

Les faits sont les suivants : en rentrant à pied un soir, j’aborde deux inconnus à la terrasse d’un café pour leur demander du feu. Pendant que je fume ma clope, on commence à discuter, et ils me proposent de les suivre faire la fête avec plein de gens dans un appartement situé à deux pas. Puisque je suis quelqu’un de joyeux qui aime faire la fête, et qu’ils n’ont pas l’air méchant, j’accepte. Ils me proposent alors un peu de bière.

Immédiatement après ma première gorgée, les deux hommes se lèvent et insistent pour qu’on quitte précipitamment le café. On se met en route et, au bout de quelques minutes de marche, mon cerveau s’éteint… blackout total.

Une heure et demi plus tard, j’ouvre les yeux. Je suis nue, allongée sur un canapé, avec ces deux mecs au-dessus de moi, seuls au milieu d’un appartement que je ne connais pas. Je n’arrive pas à bouger et encore moins à réfléchir. Réflexe de survie : je balbutie « Appelez les secours ». Les deux hommes me font répéter plusieurs fois la phrase en se marrant parce que je peine à articuler. L’un d’eux finit par murmurer « Non, on ne va appeler personne » en se penchant sur moi.

Deuxième réflexe de survie : je vomis. Partout. Notamment sur le canapé. Je commence à farfouiller dans mon sac à la recherche de mon portable et, après dix minutes à composer des mauvais numéros, je finis par réussir à joindre le SAMU. Que font les mecs pendant ce temps ? Peut-être qu’ils se concertent pour savoir s’ils se sont suffisamment servi de moi pour m’autoriser à partir, rouspétant au sujet du vomi sur leur canapé tout en rangeant leurs bites. En tous cas, à aucun moment ils ne m’aident à appeler les secours. Je les vois paniquer à l’idée que le SAMU me trouve nue et ils insistent pour qu’on retrouve rapidement mes vêtements. Je sombre à nouveau.

Quelques heures plus tard, je me réveille à l’hôpital Saint-Antoine. L’esprit embrouillé comme jamais il ne l’a été auparavant, je me dirige vers l’infirmier en demandant ce qu’il s’est passé. Il me répond que j’ai pris de la drogue. Je ne comprends pas ce qu’il se passe. J’ai très mal à la tête donc je demande un Doliprane. Le mec me laisse souffrir et galérer pendant quinze minutes puis daigne m’en apporter un. Je commence doucement à revenir à mes esprits et, me rendant compte que j’ai des douleurs assez vives dans la zone génitale, je lui demande s’il est possible d’être examinée par unE gynécologue parce que je pense m’être fait violer. Il me demande ce qui me fait penser ça. Je ne me souviens pas de ma réponse mais en tous cas, il m’envoie balader. Il me laisse alors quitter l’hôpital. Sans le moindre papier ni info aucune concernant le contexte dans lequel je suis arrivée là. Sans la moindre indication concernant la procédure à suivre après un viol. Sans même me préciser, par exemple, qu’il ne faut pas que je prenne de douche ni que je lave mes vêtements. Tous les signaux d’alerte de type « ceci est une toute nouvelle victime de viol » clignotent en grand, gros, rouge fluo sur mon front mais cet infirmier, censé prendre soin des gens, n’en a totalement rien à foutre.

Je passe la journée à phaser dans mon lit, en état de choc, essayant de reconstituer l’histoire. Les souvenirs reviennent petit à petit. J’arrive à la conclusion suivante : pendant que je discutais avec eux, profitant d’un moment de distraction, les mecs avaient versé du GHB (ou autre sédatif) dans la bière pour ensuite m’en proposer. C’est pour ça qu’ils ont insisté pour quitter le café tout de suite après que j’en ai bu : le produit a fait effet très rapidement. Ils m’ont violée pendant une heure et demi puis, quand ils en avaient eu assez et constaté que j’étais dans un état critique, ils ont flippé pour leur gueule et m’ont laissé appeler les secours. À leur arrivée, ils ont dû leur sortir un vieux scenario type « Elle est juste trop défoncée ».

En fin d’aprem, je commence à parler de l’incident autour de moi. N’ayant jamais été briefée sur les démarches à suivre après un viol (ne pas prendre de douche, ne pas laver ses vêtements, se dépêcher de prendre la pilule du lendemain, etc.), je fais la connerie de me laver. Au cours de la soirée, grâce aux conseils de mon entourage, je prends la décision d’aller aux urgences histoire de faire un examen gynécologique le plus rapidement possible.  

Je précise que, depuis mon retour de l’hôpital Saint-Antoine et pour toute la durée de l’histoire dans les 48 heures qui suivent, je me trouve dans un état d’alerte, d’anxiété, d’épuisement et de terreur permanents, auquel je n’aurais jamais pensé pouvoir survivre. Je ne comprends toujours pas comment j’ai réussi à traverser ça. Je signale que de nombreuses victimes n’y parviennent pas – et ce n’est pas une question de courage et encore moins de volonté ou whatever, mais plutôt de contexte, d’entourage, de multiples facteurs environnants, etc. – et mettent fin à leurs jours.

Je me rends donc à l’hôpital le plus proche, qui me redirige vers le commissariat local. Une fois là-bas, je subis un premier interrogatoire par les flics. Chacune de leurs questions s’insinue en moi comme autant de coups de couteaux.  « Comment vous étiez habillée ? » « Ouais m’enfin il faudrait déjà déterminer si vous avez VRAIMENT été violée. Puisque vous ne vous souvenez de rien, comment vous pouvez savoir que vous n’étiez pas consentante ? » « On vous épargne le discours ‘Il ne faut pas marcher seule le soir, il ne faut pas accepter de parler aux inconnus’, c’est à vos parents de s’en charger » « Pourquoi vous n’êtes pas venue porter plainte plus tôt ? Là il est tard c’est chiant pour nous ».

Ils m’escortent ensuite jusqu’à l’hôpital médico-judiciaire pour que j’y subisse l’examen gynécologique (qui est en soi un événement angoissant pour pas mal de personnes). Les policiers ont bien conscience que cet examen risque de durer jusqu’à 4-5 heures du matin mais ils m’ordonnent quand même de me présenter à 9h pétantes dans un autre commissariat.

Réveillée depuis 24h et dans un état de tension proche de l’implosion, je me rends donc au commissariat à l’heure dite. Là, je suis accueillie par une policière qui m’apprend que les policiers de la veille ont très mal fait leur travail et qu’ils m’ont redirigée là uniquement par paresse. Elle me dit à son tour de m’adresser à un centre de police judiciaire. Après une journée à passer des coups de fil dans tous les sens, j’y obtiens un rendez-vous pour le lendemain matin.

Le lendemain, sur place, après une demi-heure d’attente, je subis trois heures de torture psychologique. Au cours des procès pour viol des siècles précédents, les victimes étaient régulièrement soumises à des pratiques de torture judiciaire afin de les pousser à dire qu’elles mentent depuis le début, qu’elles cherchaient juste à se faire sauter sans assumer les conséquences, etc. Et bien c’est toujours pareil, mais verbalement.

Déjà, pour prouver mon non-consentement, je dois insister lourdement sur le fait que je suis lesbienne. Si j’avais été hétéro, auraient-ils eu encore plus de mal à me croire non-consentante ? Je précise en passant que pendant toutes ces démarches j’ai bénéficié de mon privilège de meuf cis, blanche et de classe moyenne. Donc je suis tranquillement en train de répéter trente fois par minute « je suis lesbienne, lesbienne, lesbienne, demandez à n’importe qui, je suis lesbienne » puisqu’évidemment le flic ne me croit pas, peinant à concevoir qu’une femme puisse demeurer en permanence insensible à l’appel d’un pénis – lorsqu’il commence à m’accuser puissance 1000 à coup de « Mais même ivre, vous n’avez jamais eu envie de coucher avec des hommes ? Vous êtes sûre… ? ».

Je précise que la police a questionné au cours des semaines suivantes mes amis-témoins à plusieurs reprises pour qu’ils leur confirment que oui, je suis « vraiment lesbienne », oui, « même après avoir bu », et non, l’alcool n’est pas pour moi un refuge où je pourrais « exprimer des désirs hétérosexuels non-assumés ».

Et lorsque, à la fin de l’interrogatoire, j’émets l’hypothèse que les deux hommes m’aient violé en sachant que j’étais lesbienne et justement pour cette raison-là, comme une sorte de trophée, le flic commence à péter un câble en mode « Quoi ?! Vous pensez qu’ils vous auraient violé parce que vous êtes lesbienne ?! Non mais c’est n’importe quoi vous délirez COMPLÈTEMENT !!! ». Cet abruti n’a vraisemblablement aucune idée de ce dont il parle, et n’a probablement jamais entendu parler de la pratique du viol correctif par exemple.

Il ne cesse de me répéter « Non mais calmez-vous. Vous êtes totalement parano. Si ça se trouve il ne s’est rien passé ». Me voilà rassurée ! Que je suis bête d’avoir été jusqu’à imaginer que juste parce que je me suis réveillée d’un malaise dû à une drogue que je n’avais pas consenti à consommer, nue, entre deux hommes menaçants, sans aucun souvenir de ce qui venait de se passer, avec des douleurs au vagin et à la vulve, ces hommes m’auraient forcément violée ! Ils m’ont beaucoup plus probablement mis dans cette situation pour jouer aux cartes.

À l’origine, ma dernière phrase ci-dessus relève du second degré. Malheureusement, quelques semaines plus tard, au cours d’un énième rendez-vous pour des prises de sang dont on ne m’a jamais communiqué les résultats, le médecin m’a littéralement dit « Effectivement, militer pour les droits des femmes, pourquoi pas ! Je suis moi-même plutôt féministe, huhu ! Mais là il faut que vous compreniez qu’il ne s’agit pas d’un ‘système’ mais de vous, personnellement, et non pas vous en tant que femme. » Ah oui clairement les agresseurs m’ont choisie pour mon individualité, on se connaissait tellement bien !!! « Madame, vous avez une vision des choses très négative. C’est tout à fait possible que ceux que vous considérez comme vos violeurs vous aient simplement gentiment accueilli chez eux parce qu’ils voyaient que vous aviez trop bu ». Et gentiment entièrement déshabillée et gentiment pénétrée pendant que j’étais inconsciente aussi ! Quelle hospitalité !

Ah oui, et à chaque étape de ma démarche, j’ai eu affaire à des mecs qui n’ont pas cessé de me regarder de haut en me répétant de façon extrêmement infantilisante « Non mais Madame… Calmez-vous ». Euh excuse-moi connard, après ce qui vient de m’arriver, même si je le pouvais, QUELLE RAISON AURAIS-JE DE RESTER CALME NE SERAIT-CE QU’UNE SEULE SECONDE ?!!!

J’aimerais maintenant analyser l’impact de l’attitude culpabilisatrice de la police et des autres instances de pouvoir sur la victime, moi. Leur hostilité et leur scepticisme à l’égard de mon histoire ont largement empiré mon état anxieux. Les questions qu’ils me posaient donnaient l’impression qu’ils interrogeaient non pas la victime, mais un suspect : ils cherchaient à tout prix la moindre faille dans mon discours, pour me coincer. Déjà que mon esprit était embrouillé à cause de la succession rapide et très intense d’événements dans les 24h qui avaient précédé, cet interrogatoire n’a fait que me faire paniquer davantage. Parce qu’ils me traitaient avec suspicion, j’ai commencé à avoir peur de ce qu’ils allaient penser de moi, de ce qu’ils pourraient découvrir… alors que je n’avais rien à me reprocher. Je craignais qu’ils découvrent quelque chose qui aurait justifié le viol. Je me suis mise à me sentir hyper coupable et à passer en revue tout ce que j’avais pu dire à la police. Merde, est-ce que quelque chose pourrait leur faire penser que je mens ? J’ai commencé à avoir honte de tout mon mode de vie : si je sortais le soir, si je buvais parfois, si j’aimais mettre des vêtements courts (pour prendre confiance en mon corps), c’est bien que quelque part je cherchais à me faire violer, non ?

Pour conclure, voici plusieurs pistes de réflexion qui me sont apparues au cours des deux derniers mois :

  • il est relevé dans l’un des nombreux articles extrêmement clairvoyants et pertinents du site everydayfeminism.com  : « There are still people who confuse a lack of aggression with consent » / « Il y a encore des gens qui confondent l’absence d’agression avec le consentement ». En effet, pour beaucoup, si la victime ne se défend pas, c’est qu’elle est consentante. Quid des personnes qui, comme moi, étaient inconscientes au moment des faits ? Ça me rappelle l’idée constante à travers les siècles selon laquelle si la victime n’a vraiment pas envie, alors elle trouvera toujours un moyen d’empêcher l’acte, nonobstant la violence physique et morale exercée par l’agresseur ;
  • dans l’imaginaire collectif, et surtout dans celui de la police, la frontière est très floue entre le viol et la séduction. Cette façon erronée de voir les choses a des conséquences désastreuses : le viol ne relève pas de la sexualité mais du crime, où l’arme n’est pas un couteau ou un coup de poing mais un organe génital ;
  • le viol est le seul crime où on se méfie de la victime, parce qu’on peine à concevoir qu’une femme puisse être indifférente à un homme (d’ailleurs : j’ai conscience d’employer dans cet article des termes très genrés parce qu’il me semble que la police est incapable de réfléchir en termes non-binaires, j’espère n’offenser personne) ;
  • la police remet systématiquement en question la sincérité des personnes qui viennent porter plainte pour viol sur le principe qu’il pourrait s’agir de fausses accusations. C’est quoi au juste le préjudice que risque un homme accusé À TORT de viol quand on sait que 97% des hommes accusés À RAISON de viol ne passent pas un seul jour en prison ?!
  • je rappelle enfin que seule 1 victime sur 10 porte plainte, que ce soit par honte, sentiment de culpabilité, peur des représailles, peur de l’attitude de la police

Si je tente de résumer l’impact que mon viol a eu sur moi, voilà ce que j’obtiens :

  • impact physique : douleurs génitales dans un premier temps puis dégoût, dissociation, peur et haine de mon corps ; effets secondaires de la pilule du lendemain et de la trithérapie d’urgence ;
  • impact psychologique : traumatisme de la nuit du viol en lui-même ; traumatisme de l’attitude de la police qui m’a carrément maltraitée ; sentiments diffus et crises fréquentes et imprévisibles d’anxiété, de culpabilité, de panique, qui me paralysent à des moments aléatoires et m’empêchent de me concentrer, de sortir, de voir mes amis… de vivre comme avant ;
  • impact financier : frais d’ambulance ; frais d’hospitalisations ; frais de déplacement entre les différents organismes (1h de taxi entre le centre de police judiciaire et l’hôpital médico-judiciaire par exemple, très mal desservis par la RATP) ; pilule du lendemain ; trithérapie d’urgence (600€)… Je précise qu’au moment des faits je n’avais pas de mutuelle, que mes parents ont dû assurer tous ces frais en urgence et qu’ils ne seront jamais remboursés.

Pendant ce temps, mes violeurs n’ont subi aucune conséquence de cette nuit-là, à part la satisfaction de s’être vidé les couilles et d’avoir eu une lesbienne.

Les violeurs ne souhaitent pas coucher avec leur victime mais prendre possession du corps de celle-ci. Je le répète, il ne s’agit pas d’un acte sexuel mais d’un acte de pouvoir exercé par la violence. Tous les hommes sont des violeurs en puissance. Pas tous en acte, mais on évolue dans un système qui les pousse à le devenir. Les fondements de ce système reposent sur la soumission des groupes sociaux entre eux, et au sommet de la pyramide se trouve l’homme blanc cis hétérosexuel riche. Mes violeurs appartiennent à cette catégorie et c’est probablement pour cette raison que je n’ai eu aucune nouvelle de la police depuis.

J’ai commencé à en parler abondamment sur facebook tout d’abord par besoin de soutien. J’ai reçu beaucoup de messages qui m’ont rassurée et confortée dans mon indignation. Mais la meilleure chose est que suite à mes publications, plusieurs personnes ont-elles-mêmes commencé à parler publiquement de viols qu’elles avaient subi. Il est vital de libérer la parole publiquement autour des agressions sexuelles, à la fois pour soi-même et pour les autres, dans un but autant thérapeutique et politique. Il fallait que je trouve un moyen de témoigner afin de propager l’indignation, sinon j’aurais fini par me consumer de rage toute seule dans mon coin. Attention, je ne cherche absolument pas à shamer les victimes qui ne parlent pas ; elles sont très nombreuses, plus nombreuses qu’aucun statistique ne pourra jamais le révéler, et il ne faut pas oublier de les prendre en compte.

10 Comments

  • Je suis médusée. Le récit que tu fais de l’attitude des flics me laisse un goût bizarre. Comme si, au fond, le problème, c’était ton attitude. « calmez vous » Comme si, pour être véritablement vue comme une victime, il fallait se soumettre, se briser, être une pieta. Une femme, c’est une biche blessée. Ca ne boit pas de la bière avec des inconnus, voyons. Allez tous bien vous faire foutre.
    Courage il FAUT que justice soit faite.

  • Merci pour cet article, qui permet de montrer une facette de la Police malheureusement très réelle qui vous considère comme une personne lâche n’assumant pas ses actes.
    De mon côté, je suis hétéro et j’avais un copain, qui était en vacances au moment des faits. On m’a dit que je n’assumais pas l’avoir trompé, alors que je leur répétai que non, je ne l’avais pas trompé, que ça n’avait rien à voir avec de l’infidélité, qu’il s’agissait bien d’un viol.
    C’est horrible. Cette façon dont les policiers s’adressent à toi, te parle de ta tenue au moment des faits ou de ta tenue au moment ou tu passes l’audition. Qui te demande de répondre encore et encore aux mêmes questions.
    Même combat au moment de la visite médicale.
    Même combat au moment de la séance avec un psychiatre judiciaire.
    Même chose au moment où, personnellement, j’ai finis par retiré ma plainte ; je faisais plus que 43kg, je ne dormais plus, je n’en pouvais plus qu’on pense que c’était moi la coupable et ce mec, la victime. J’ai demandé un retrait de plainte, à ce moment là, le policier m’a demandé si je voulais regarder mon dossier psy. J’ai dis oui. J’aurais pas dû. J’avais 21 ans et je comprenais rien aux manipulations qui s’effectuaient autour de moi.

    Merci pour ton partage, ça m’a fait du bien de lire que j’étais pas la seule. Mais ça m’a mise de nouveau en colère, de me dire qu’on nous prend pour des allumeuses sans morales quelque soit la situation.

    Courage à toi.

  • Bravo pour ce témoignage, j’ai moi meme quelques soucis avec la police qui aussi me traite de menteur avant même d’écouter ce que j’ai à dire. Pour ce qui est de ces hommes dont vous parlez c’est une abomination contre laquelle moi même de lutter autant que possible, et je sais que je quitterais ce monde sans regrets tellement il est hideux !

  • De la première à la dernière ligne, j’ai eu l’impression d’avoir moi-même écrit cet article tant j’ai vécu la même chose. Viol aggravé, mépris de la police, troubles psycho-traumatiques depuis l’événement, la dureté du traitement d’urgence et j’en passe. Je te souhaite le meilleur. Si ce n’est pas déjà fait et que tu souhaites une écoute et une aide, je te conseille d’appeler le CFCV, ils m’ont permis de me reprendre en main après ma descente aux enfers qui a duré plus de deux ans après mon agression. Encore une fois courage à toi et toute ma bienveillance

  • Je suis hyper admirative de voir que tu arrives à parler de tout ça seulement deux mois après les faits. Je pense que j’aurais mis au moins 1 ans. Je n’imagine pas la rage que tu as du ressentir en écrivant ça, et les larmes que tu as du lâcher. Mais je voudrais te remercier, parce que .. je n’ai beau ne jamais avoir vécu un viol, j’ai déjà été dans des situations craignos à mort et ton histoire est une bonne piqûre de rappel : on doit être méfiantes, vraiment vraiment vraiment… Je dis pas que tu l’as pas été, en fait je me retrouve totalement dans ton témoignage je veux dire cette situation j’aurais complètement pu m’y mettre également. Parce qu’on aime les gens et que de base on leur fait confiance, et l’alcool c’est cool mais du coup on fait encore plus confiance et parfois aux mauvais. Et c’est trop affreux des grosses claques comme ça qui te balancent la réalité en face qu’on est dans un putain de monde patriarcal à mort où l’homme est roi. C’est dingue mais même moi, une femme, consciente des enjeux du féminisme etc : aux débuts du #balancetonporc j’étais un tout ptit peu sceptique en fait je me disais en voyant certains témoignages « boooon ça va il a juste été un peu lourd pas la peine de l’afficher sur les réseaux » (je parle des témoignage où par exemple un collègue de bureau draguait un peu lourdement ou des trucs du genre) mais en fait SI putain SI SI SI. On doit juste plus laisser passer. Rien. Devenir réac, ben ouais, parce que la douceur ça marche pas. La preuve, le féminisme gagne doucement du terrain avec le temps, mais là avec le #balancetonporc c’est ENFIN entré dans le débat public le vrai. Les hommes se sont globalement senti visés? ahah ben ça y est, TOUT LE MONDE EN PARLE. Et je vois déjà des effets : notamment un mec, sur un site de rencontre, qui est venu s’excuser de lui même sans que j’ai rien dit, après m’avoir envoyé un message de type relou il y a plus d’un mois de ça.
    Bon donc pour en revenir à ton témoignage, chapeau, ça a du être extrêmement difficile de le faire, t’as du en chier, et pourtant tu restes assez factuelle et ton écriture transpire l’intelligence. Du coup je compte clairement le montrer à tous les mecs qui vont me sortir des trucs limites sur le viol genre ‘han mais faut se méfier’ ou ‘han elle l’a cherché’ et autre immondices de saloperies de conneries plus grosses qu’eux. Pardon my french.

    Je suppose que tu es bien entourée ou que tu as une grande force mentale ou les deux, et donc que tu n’as pas besoin de plus de soutien, mais quand même tu as tout le mien et je souhaite que tu ailles mieux sur tous les plans et que tu retrouves au plus tôt cette insouciance que tu as perdue, mais jamais entièrement pour réduire au minimum les possibilités de te retrouver dans une situation de merde à nouveau. Et je demande à l’Univers de te protéger et prendre soin de toi (oui j’ai une spiritualité bizarre).

    Immense câlin et courage pour la suite.

  • Je suis un homme mais je ne cautionne aucun des comportelent « masculins » dont tu parles. Si c’etaitarrivé a ma fille je pense qu’ ils mangeraient leur attribu mais je serais en tole. Je suis triste de cobstater que notre police, notre système de soin ne prenne pas ce types de signes que tu presentais au plus au sérieux. Leur forlation devrait etre une priorité. ..combien de femmes n’auront pas ton courage et s’autodetruiront a cause de connards comme ceux ci ?

  • Je me demandais s’il y avait un moyen de contacter Ottoline (compte twitter par ex) ? j’ai vécu la même chose sur quasiment TOUS les plans, tellement déstabilisant que j’ai dû mettre une aprem entière pour lire l’article, c’est si douloureux. Je pensais vraiment être un cas isolé dans ce putain de marasme qu’est le viol (les dégâts collatéraux font encore rage à ce jour). En tout cas merci pour l’article, j’ai dû me justifier un nombre incalculable de fois face à mon refus d’aller porter plainte dans un commissariat…. autant auprès de mes parents que de mes amis (j’en ai perdu une belle poignée d’ailleurs suite à ma confession…). Mille merci en tout cas, je me sens moins seul….

  • Je suis bouleversé par votre témoignage depuis plusieurs jours et même si je ne vois pas ce que je pourrai faire pour vous dans l’immédiat, je vous transmets tout mon amour et mon courage. Ne lâchez rien et soyez fière de votre détermination dans ce « combat » juste.

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