Dreamachine débarque au Chinois avec un line up plus militant que jamais !

Temps de lecture : 6 minutes

La prochaine soirée du collectif Dreamachine revient pour une dernière date de l’année au Chinois le 9 décembre prochain. Cette fois-ci, le plateau sera plus militant avec une scène ouverte exclusivement à des artistes trans, on pourra également retrouver en live la pop star Jenys et écouter 3 DJ sets d’artistes français, mexicaine et californienne. On a discuté avec Alexandre Paty, le fondateur de Dreamachine pour mieux se préparer avant la prochaine soirée. Rencontre.

© Xavier Dartayre

Si on s’intéresse à Dreamachine, on peut voir qu’une expression revient sans cesse : soirée nightmare friendly. Qu’est-ce que ça veut dire exactement ? C’est quoi, Dreamachine ?

Dreamachine is nightmare friendly est sorti d’un coup, comme un slogan qui cherche le contraste, l’oxymore, qui interroge le public sur le sens de la fête qu’il cherche, mais qui prend aussi son sens dans toute l’histoire liée à l’oeuvre d’art qu’est la dreamachine historique créé par Brion Gysin vers 1960, un artiste rattaché à la beat generation et grand ami/collaborateur de William Burroughs, il a co-créé la technique du cut-up.

William S. Burroughs et David Woodard debout devant un Dreamachine (1997)1

À eux deux, ils ont inspiré la création de la musique industrielle, lorsque Genesis P-Orridge et le collectif Coum Transmission sévissaient.
Je ne vais pas faire un cours sur ce mouvement, mais clairement, le rêve, les limites de l’esprits (et du corps) et toutes les expérimentations qui en découlent, font partie des termes  importants dans leurs oeuvres et ont été des élans créatifs majeurs pour définir mes goûts et ce que je cherche dans la musique. Avec Dreamachine, il s’agissait de trouver un mot suffisamment abstrait pour pouvoir faire rentrer une grandes diversité d’esthétiques, de formes mais qui renvoie en même temps à une oeuvre très précise de l’histoire de l’art, la seule oeuvre qui se regarde les yeux fermés d’ailleurs, un peu comme on pourrait “rentrer dans la musique” lors d’une nuit en club.

Dreamachine a fêté le mois dernier son premier anniversaire : si tu devais revenir sur deux moments marquants de cette première année, ce serait quoi ?

Chaque soirée à été très différente, mais je retiendrai la toute première, dans le club historique de La Station (là où l’on a fêté notre anniversaire!), avec Dance Divine live, Aya ou encore Sina XX. Je découvrais tout un nouveau public qui avait beaucoup bossé sur leurs looks, qui portait une énergie hyper bienveillante et on avait directement fait un sold out, c’était beau…

La deuxième date de juin dernier, lorsqu’avec le Magazine Mouvement on avait investi La Station Nord cette fois, avec la plus importante programmation que j’avais pu faire : Uzi Freyja et Cakes Da Killa en live accompagné de son danseur, Violet, GREG, Qoso… Un combo construit autour du rap, du hip hop dans ses expressions queers qui avait fait un bel effet sur le public qui était À FOND. Et les retours que j’en avait eus faisaient chaud au coeur.

Dans tous les cas ça n’a été que de belles rencontres, c’est aussi ce qui me motive le plus en tant que programmateur, rencontrer des artistes que j’admire et échanger.

Tu conçois Dreamachine comme une plateforme pour les artistes et les projets queers et/ou en minorité de genre pourquoi est-ce important pour toi ? 

C’est une partie de moi-même que j’exprime en même temps que je travaille au soutien des minorités et je n’ai fait que cela depuis que j’ai commencé à programmer des soirées pour les collectifs, d’abord Polychrome dès 2015, puis avec GAMUT et Chosen Family à partir de 2018.
Je ne pourrais d’ailleurs pas faire autrement, cela me donne un cadre et du sens à ce que je produis, c’est la meilleure énergie que je puisse donner et je crois que cela se ressent artistiquement.
Les minorités restent des minorités :  on a encore bien besoin d’acteurices dans ce milieu pour développer des projets (sorti d’albums, travail scénographique, communication visuelle), en motiver de nouveaux à se créer, donner de la force et  à celleux qui ne pensaient pas qu’il y avait une place pour elleux, aussi essayer sortir un peu du tout underground, avec ces budgets toujours trop petits… Pour passer au “next step” dans l’industrie musicale c’est très compliqué et les places sont chères (encore faut-il le vouloir) et vont encore le plus souvent à les personnes blanches/cis/hetero.a, je ne vous apprends rien… Si Dreamachine peut participer à cette grande scène en donnant cet éclairage qui finalement part de l’intime, c’est top ! Pour cela il faut que je la développe, ça prendra son temps mais j’espère qu’elle finira par avoir une voix qui compte.

La Station a aujourd’hui une des meilleures salles de Paris avec son nouvel espace (station nord), c’est une plateforme qui doit aussi avoir son utilité et je pense continuer les tremplins dj sur mes dates de 2023 dans ce sens. C’est important car amener toujours plus de diversité ne peut être que bénéfique et c’est un des sens de la fête que de réunir, surtout en cette période.

Est-ce que tu peux nous proposer un ou deux sons pour nous mettre dans l’ambiance ?

Regardez les clips de Karma She.
Et faites lui honneur en portant votre look le plus porno-psyché !

Et un son de Prince Harvey, tout doux :

Dreamachine – Trans Lives Night, 9 décembre, Le Chinois
00h – 6h
Préventes : 8 €
Sur place : 10 €
Billetterie : https://yurplan.com/…/Dreamachine-trans-lives-night/96172

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