Emilie Plateau croque la coloc

Comme un plateau, première publication d’Émilie Plateau publiée aux éditions 6 pieds sous terre, décrit l’expérience d’une jeune femme fraichement diplômée qui débarque dans une nouvelle ville et découvre les affres et bonheurs de la colocation.

Elle est lesbienne mais n’en parle pas, vit à Bruxelles, il y fait froid et son dessin y est bien plus fin qu’une frite belge moulée à la main. Bref, drôle, minimaliste, dans l’air du temps, nous avons voulu en savoir plus sur son auteur.

Couverture de saison
Couverture de saison

Après 5 ans aux Beaux-arts de Montpellier, elle décide de tout quitter pour le pays de Tintin. Commence rapidement un fanzine sur son quotidien au sein d’une maison partagée. Le fanzine, bien que très cool, ne lui permet pas de manger …beaucoup, elle finit donc par trouver un emploi alimentaire dans une maison d’édition, avec Tintin.

 

C’est difficile, le monde de la BD ?

Beaucoup d’auteurs galèrent oui, en fait on galère presque tous…mais bon, je sors ma première BD solo, j’ai participé à des fanzines, à des collectifs : Jade  et L’employé du moi. Même si c’est assez galère, j’ai toujours voulu être dessinatrice, depuis la MJC..

 

C’est quoi le fanzine exactement ?

À la base c’était un magazine créé par les fans de musique, maintenant ce sont des illustrateurs, auteurs qui impriment eux-même leurs histoires et les font passer de la main à la main. Généralement pas cher entre 1 et 10€… Du do it yourself..

un fanzine d’Emilie

 

Comme un plateau, pourquoi ce nom?

Parce que ma mère disait toujours « je m’appelle Plateau comme un plateau » et ça m’énervait beaucoup. Je l’ai utilisé pour mon blog, pour mon fanzine, et puis je l’ai gardé pour mon livre.. C’est cathartique.

 

Tu as choisi de raconter ton histoire personnelle à travers ton expérience de la colocation, pourquoi ?

Je puise dans son quotidien, c’est mon truc. Au début du projet sur la colocation, c’était plus un moyen de communiquer avec mes nouveaux colocs. Je suis très timide (rires), c’était un moyen de s’intégrer dans leur groupe déjà formé. J’avais déjà fait ce genre d’histoire puisée dans mon quotidien dans le cadre familiale, pour me souvenir de certains instants… oui oui, je suis très sensible (rires). J’avais toujours un carnet sur moi et je notais tout. Je parle aussi beaucoup de météo… Je ne suis pas ghetto* je suis météo ! D’ailleurs, quand je suis arrivée en Belgique il neigeait à fond… donc j’ai choisi cette image de neige pour la couverture. Tu sais tout.
*Ghetto = référence à cette tendance qu’on les minorités à ne rester qu’entre eux.

 

Quel sera le sujet de ta prochaine BD?
L’amour et la sexualité.

 

Plutôt pour les gays ?
Autobiographique, donc axée homo mais je ne veux pas que ça soit ghetto.

 

Genre sur les rencontres lesbiennes sur l’Internet?
Oui ça va parler de ça, c’est drôle, je suis tombée sur de belles folles ! (et nous aussi).

 

Es tu célibataire ?
Oui, putain ça fait mal au cul (rires).

 

A noter : Son but à travers cette interview est annoncé dès le début : chopper des numéros de téléphone !! Vous pouvez donc arrêter votre lecture et lui envoyer une invitation enflammée sur son blog, ou venir vous faire dédicacer un exemplaire de son livre au salon du livre jeunesse de Montreuil, bientôt.
Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas tombé sur un site porno ni sur une copie d’adopte une meuf.

L’interview continue :

Ou sortir à Bruxelles lorsqu’on est une jeune lesbienne dynamique ?

Je ne sais pas, je ne suis pas vraiment « milieu ». J’ai l’impression, quand je vais dans ce genre d’endroits, que je suis un bout de viande. En plus je n’ai pas trop d’amies lesbiennes…par contre il y a un super festival de films alternatifs gay et lesbien à Bruxelles « le cinéma nova pink Screen« .

Que cherches tu sous la jupe ?
Je regarde plutôt les trucs de musique.

 

Ton groupe préféré
Pj Harvey.

 

Quels autres dessinateurs me conseilles-tu ? Un peu queer tout ça, gay-friendly ?
Un auteur que j’ai découvert quand j’avais 15 ans : Fabrice Neaud qui parle de sa vie sexuelle… entre autre. Je ne connais pas trop d’autres auteurs gay.. Il y a aussi Fun home, qui raconte plein de trucs mélangés,  c’est un peu dark. Je connais mieux les films, les BDs y en a pas beaucoup et je trouve que c’est souvent hyper cliché…
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Quels sont les blog BD que tu aimes lire ?
J’aime ceux de mes amis :

 

Ton dessin en quelque mots
Minimaliste.

 

Comme la réponse..
(rires) Il y a quelques autres auteurs qui font ça.. comme y en a plusieurs ça doit être une tendance… Dans tous les cas, je n’aime pas vraiment être mise dans une case, surtout que je n’en fais pas dans mes BDs (de cases).

 

Infos pratiques

Émilie sera en séance de dédicace à Paris le samedi 1er décembre :

Sur l’internet tous les jours : http://commeunplateau.com/

Comme un plateau disponible chez tous les bons libraires et à la Fnac – Environ 14€

1 Comment

  • Ahah j’ai bien ri : « son dessin y est bien plus fin qu’une frite belge moulée à la main ». love.

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