I May Destroy You

Temps de lecture : 3 minutes

A la recherche d’un bonne nouvelle en 2020 ? Ne cherchez plus, elle peut vous détruire. 

Le teaser officiel de la série de l’année

C’est l’histoire d’Arabella, londonienne noire et star sur les réseaux qui écrit son deuxième livre après un premier ouvrage remarqué. Un soir, une fête arrosée, un trou noir, aucun souvenir ? Comment s’est finie la soirée déjà ? De flash-backs en coups de téléphone, sa fin de nuit lui revient par bribes, forcée d’accepter qu’on a drogué son verre et qu’on l’a agressé (Je ne spoile rien, tout est dans le teaser).

En s’attaquant avec brio à un sujet rarement abordé dans les séries et d’ailleurs rarement abordé en règle général, I may destroy you surprend et chamboule. L’agression, la reconstruction, le consentement, les doutes, les ami.e.s, la police, les amants : 8 épisode saupoudrés d’une malice déjantée à la britannique qui nous offre un angle loin du pathos sur un sujet grave : le viol. 

Le consentement y est abordé de manière frontale et subtile à travers les expériences de différents personnages (homos et hétéros cis) tous aussi sensibles que victime. Je souligne homo et hétéro car la série nous offre un personnage noir et gay attachant qui est, lui aussi, exposé à la grande violence du patriarcat. Il apparaît d’ailleurs presque moins armé que ces copines pour parler du consentement et de ses limites.

Le sentiment de culpabilité, souvent mal placé, est lui aussi mis en lumière plusieurs formes tandis que, je vous le donne en mille : les mecs cis hétéro ne paraissent pas s’étouffer avec.

La société raciste, dépeinte de façon accablante, donne envie de crier mais n’étouffe pas la solidarité/sororité. Bref, un bijou brut offert par Michaela Coel, actrice principale, scénariste et réalisatrice DE GRANDE QUALITEY dont vous pouvez lire une interview sur le site des Inrocks. Dans plusieurs articles, on apprend que la série est largement inspirée de la vie de Michaela qui s’est servit de la fiction pour revisiter sa mémoire traumatique.

Arabella et son amie font la fête - I may destroy you série viol

BRAVO

Mine de rien, et au risque de me répéter, beaucoup de sujets IMPORTANTS y passent : convergence des luttes, sororité, précarité, ego, pouvoir des réseaux sociaux, amitié et parfois toxique, consommation de stupéfiants, crush, amour, et le tout en seulement 12 fucking épisodes géniaux, drôles, addictifs et pédagogiques !! Bordel, je vais la regarder une deuxième fois et déclare solennellement :

Moi, gouine cis blanche féministe d’origine prolo décerne un oscar à cette série féministe des temps modernes. I want Michaela for president.

I may destroy you série convergence des luttes féministes

Série disponible sur OCS

J’ai depuis commencé à regarder la série Chewing Gum dont elle est également à l’origine, je vous tiens au jus !

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