Liaisons dangereuses à Montmartre

Comment parler d’un classique de la littérature qu’on a même pas eu le courage de lire mais qui joué au Théatre de l’Atelier à Montmartre transporta votre esprit dans le tourbillon d’une intrigue sans âge ? L’exercice n’est pas facile, la tentation du résumé de l’oeuvre reconnu du chtit Choderlos de Laclos, de la présentation linéaire des protagonistes est assez forte.
La marquise de Mertueil et le Comte de Valmont sont deux êtres beaux et manipulateurs dont la relation perverse aura des conséquences dramatiques sur leurs êtres et leur entourage. On connait tous plus ou moins l’intrigue grâce aux différentes adaptations cinématographiques, mais surtout grâce à Sexe Intentions (merci Buffy).


Pour résumer : Mertueil est une vraie garce. Valmont un connard fini et il y a aussi Mme de Tourvel, une pauvre bigote qui subit les avances sans relâche d’un Valmont déchaîné. Pas vraiment “des gens biens”… Mais pourtant, qui peut dire qu’ils n’attisent un désir certain ? La perversion, la méchanceté, la pureté bafouée… Il parait que c’est assez excitant. Il parait aussi que rien n’est aussi simple, que quand on est « méchant » c’est qu’on a beaucoup souffert, que les personnalités sont complexes… Chuck et Blair (Gossip Girl) ne sont pas si mauvais qu’il n’y parait .. Et bien au 18ème siècle : tout pareil !

John Malkovith, après avoir joué le bourreau des cœurs dans l’adaptation cinématographique dite “culturelle” de Stephen Fears (et qu’il est bon de mentionner lors d’un diner chez beau papa), décida récemment d’adapter l’ensemble des répliques cinglantes de la version du roman adapté par Christopher Hampton. 300 auditions de jeunes inconnus du conservatoire, une belle sélection de talents prometteurs, la vie n’a pas de sens, jouons. Ils jouent.

Véritable mise en perspective de l’oeuvre, les Ipads et les smartphones ont la part belle dans cette version remastérisée. On note d’ailleurs que les lettres dictées sur tablette ne sont en rien moins touchantes et audacieuses que les parchemins moisis envoyés par pigeons voyageurs. Le jeu est magnifique, les costumes dignes d’un clip de Lady Gaga, bref, c’est un chef d’oeuvre ! Nous nous sommes levés pour applaudir le talent de la jeunesse, le savoir faire de Malkovitch et les 2h et 45 minutes de bonheur qu’ils nous ont offerts.

Allez-y donc vous aussi, parce que passer un début de soirée sans musique, alcool, débat, cinéma trop moderne, cigarette, bar, ordinateur c’est parfois très agréable. D’autant plus que le Théâtre de l’Atelier est idéalement placé pour qui souhaite tester son pouvoir de séduction ! A peine le pied dehors, galvanisé par tant d’intrigues et de beautés, direction Chez Moune à pied et c’est le levage de demoiselle/damoiseaux assuré ! Les plus timides iront visiter les magasins très instructifs du quartier, ou méditer sur la condition humaine à La Fourmi (un bar très bobo, très sympa). D’aucun ne sera déçu, et continuera sous la jupe ou entre le pantalon à entamer de temps à autres des relations dangereuses.

Le petit plus : un kir offert à tous les spectateurs qui s’arrêtent au Bon Bock avant la pièce.

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