Préparez-vous pour la secousse : Sônge débarque à la Gang Bambi

Temps de lecture : 9 minutes

Sônge a déjà tout d’une grande artiste. Artiste originale qui déborde d’inspiration, elle voyage dans ses productions à travers contes et légendes, de la Guadeloupe à Cuba. Dans sa propre musique, elle manie les sons et les mythes pour créer un univers entre soul et r’n’b futuriste et coloré. La Gang Bambi revient ce week-end et pour l’occasion, le crew l’a invitée et elle prépare un set rave tropicale aux accents baile funk qui devrait nous permettre de tout donner sur le dance floor. On en a profité pour lui poser quelques questions.

Est-ce que tu peux nous parler un peu de ta musique pour commencer… ?

Je fais de la musique depuis longtemps. J’ai commencé par des percussions et je faisais de la musique ici et là. J’ai étudié au Conservatoire de Paris et j’ai aussi fait des études de musicologie à Paris et ça m’a beaucoup influencée. Il y avait tout un cours sur Le Crépuscule des Dieux de Wagner, un opéra où le compositeur fait un mélange entre un conte médiéval allemand et la mythologie nordique, un opéra qui dure 4 jours. C’est le genre de démarche que j’aime, ça m’étonne, ça m’intrigue… Il y a des choses comme ça qui me parlent. J’aime bien les histoires fantastiques, les contes, la couleur aussi, celle des émotions. Il y a beaucoup de choses qui me parlent.

Après avoir fait une école de commerce, tu as étudié au Conservatoire de Paris dans la section jazz. Est-ce que tu peux nous raconter en quoi ce parcours nourrit ta musique aujourd’hui ?

Le jazz est assez coloriste, il y a vraiment cette notion de mode, de gammes, etc. En cours, on parlait beaucoup des couleurs de tel ou tel mode ou de telle ou telle gamme. Et j’ai un peu oublié tout ça parce que ça fait longtemps au final mais je sais que j’ai ça dans l’oreille quelque part. C’est ça qui m’éclate, il y a plein de gens qui aiment travailler sur la rythmique et tout, mon trip à moi, c’est l’harmonie. Ça me sert, j’oublie mais je pense que ça me sert quand même.

Tu parlais du Crépuscule des Dieux, c’est aussi le titre d’un de tes morceaux…

J’ai eu un vrai choc en découvrant cet opéra en fait. Je t’explique l’histoire en gros… Il y a de l’or au fond du Rhin et les filles du Rhin le gardent et un nain horrible essaie de le dérober. Et l’or est maudit, bien sûr, sinon, c’est pas drôle et la malédiction, c’est qu’il ne pourra jamais connaître l’amour. Il y a des demi-dieux, des Valkyries, tout un tas de personnages tous plus hallucinants les uns que les autres. Ça va s’articuler autour de ça et les personnages vont se battre et la fin c’est le crépuscule des dieux. Il y a aussi toute une histoire avec le Vahlalla, la maison des dieux… C’est une histoire tragique que j’ai revisitée dans une chanson.

Tu parlais des contes et de la mythologie. Tu peux revenir sur tes sources d’inspiration ? Comment tu les travailles, ces influences ?

Ce sont des choses qui vont m’inspirer pour écrire les paroles. Par exemple, « Magic Hairdo » parle un peu de ce qu’on ne peut pas nommer, des choses magiques sous-jacentes de l’univers qu’on ne pourra jamais nommer ni expliquer. Ça parle aussi de l’héritage, de la coiffure afro depuis des centaines et des centaines d’années. « Soukounian » parle aussi de magie. Le soukounian, c’est un esprit maléfique de Guadeloupe.

Tu as à la fois une activité de productrice mais tu mixes aussi. Qu’est-ce que ça change dans le rapport à la scène, le rapport aux gens ?

Dans les concerts, il y a quelque chose d’assez intime, ça parle au psychédélisme des gens, dans leur tête, dans leurs émotions. Il y a des sensations, des couleurs qui se baladent dans l’esprit… Et en DJ set, c’est plus de la secousse, on est vraiment dans le corps. On lâche tout, quoi.

Dans le cadre du festival Les Femmes S’en Mêlent, tu as animé des ateliers de production musicale. Est-ce que c’est important de transmettre sa pratique artistique pour toi ?

C’est fou, ça ! Tu peux aider ici ou là et ça fait trop plaisir. Et de voir aussi comment ça prend forme. Il y a plusieurs formules, il y en a où en un jour, on fait un son et sinon on prend 4 jours par exemple pour faire l’instru, la top line, les paroles, l’avant-dernier jour on s’entraîne et le dernier jour on enregistre… Quand tu vois ça, tu vois des meufs éclore, c’est trop d’émotions en fait. C’est magique de voir que ça sert à quelque chose.

 
 
 
 
 
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Cet atelier était en priorité à destination des femmes, c’est important de donner une place et de permettre à des meufs de créer ?

Parfois, il y a une peur de l’électronique chez certaines, la peur d’aller dans des ateliers où il y aura que des mecs et où elles auront une longueur de retard. Il peut y avoir des blocages. L’idée, là, c’est de dire que c’est un niveau débutante, qu’il n’y a aucun jugement, c’est une journée pour se faire du bien, on se donne de la force, on s’encourage. On commence de zéro mais on est là pour ça en fait. On est là pour s’améliorer et aussi pour connecter. C’est aussi des rencontres avec d’autres filles qui ont envie de produire. C’est aussi une porte d’entrée au studio de musique qui sont quand même majoritairement fréquentés par des mecs, ça permet de faire des connexions. L’idée, c’est de ne plus être forcée de dépendre d’un gars qui fait l’instru. C’est trop bien de faire des collaborations avec toute sorte de gens mais il faut que ce soit un choix.

Justement, tu es dans des démarches très collectives… C’est important de créer des solidarités, des échos entre le travail des unes et des autres ?

Oui, justement, on est ensemble ! On est là ! On s’apporte tous et toutes des choses. Moi, j’apprends beaucoup dans les workshops. Par exemple, la spontanéité, c’est un truc qui me tue, c’est magique. J’ai une certaine façon de faire de la musique et il y a des choses que je ne vais pas forcément tenter. Il y a des filles qui viennent qui tentent des choses et je suis juste là : « Mais wouah ! Carrément ! Moi, j’aurais pas osé mais ça marche de ouf ! » J’apprends pas mal aussi de ce côté-là.

Gang Bambi – Car Wash

En parlant de collaboration, tu as fait beaucoup de très grosses scènes et là samedi tu vas jouer au Klub pour la Gang Bambi. Comment ça s’est fait ?  

Parce qu’on va s’enjailler ! On se connaît depuis un moment. Jérémie [Lapeyre aka Loki Starfish] m’avait déjà invité au Dépôt avant le début de la pandémie, donc il y a déjà un petit moment. On se croise souvent en soirée et il m’a aussi invitée à jouer au Podium de la Pride à République, le 25 juin prochain. Ils m’ont invitée, donc moi, je suis venue. Il faut venir, ça va être trop bien !

En parlant du Podium de la Pride, tu vas aussi mixer pour la première Pride de Quimper, le 2 juillet. Qu’est-ce qu’il représente, pour toi, le mois des fiertés ?

Ouais, la première Pride de Quimper de l’histoire entière ! C’est super important qu’on puisse s’exprimer et se retrouver aussi, marquer le coup. Il y a aussi cette dimension de fête avec l’envie de nous célébrer mais il se passe aussi beaucoup de choses avec les conférences ou les prises de parole et ça peut être un point d’entrée pour des gens qui ne sont pas forcément dans notre univers mais qui voudraient en savoir plus ou d’autres personnes qui se posent des questions mais qui ne savent pas trop encore. C’est un moment magique.

Une première Marche des fiertés dans une relativement petite ville, ça prend un sens particulier…

Avant, l’idée quand tu étais de Quimper, c’était de partir dans les villes alentours pour faire la Pride. On peut le faire et exister ici aussi. Quimper, c’est pas une ville forcément étudiante, et le réflexe qu’on peut avoir quand on est jeune, c’est de partir pour aller à Paris notamment. Le fait qu’il se passe des trucs comme ça, ça donne envie…

Qu’est-ce que tu attends de cette soirée ? Tu peux teaser un petit peu… ?

J’en attends… Un petit claquage ! [rires] Si je repars avec un petit claquage à la cuisse, je me dirais que j’aurais tout donné.

Gang Bambi-Car Wash, le 11 juin au Klub, 00-06h.

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