Verveine ou la pop extrême

La productrice suisse Verveine a sorti son premier album « Hotdrama » le 28 août. Elle s’était déjà fait remarquer grâce à ces deux premiers EP Peaks et Antony, et quelques dates clés comme aux Trans Musicales de Rennes, Printemps de Bourges, MaMA Festival, etc.

Ses compositions hybrides naviguent entre pop, électronique et expérimentations. Elle construit avec ses machines et sa voix, ce qu’elle appelle une “pop des extrêmes”. Les textes de ses chansons parlent de fuite et de tétanie, de contrôle et de libération. Nous l’avons rencontrée.

Est-ce que tu peux te présenter ?

Verveine : Je m’appelle Joell aka Verveine (VRVN). Je développe ce projet depuis une dizaine d’années en tant que compositrice, auteure (ice), interprète. Je travaille seule avec principalement des machines (très peu d’ordi) et ma voix. Je suis originaire de Suisse mais j’ai roulé ma bosse à Bruxelles ces dernières années. J’ai aussi passé beaucoup de temps à Rennes, là où l’album a été en partie produit.

Si tu devais présenter ton premier album en quelques mots, tu dirais quoi ?

Dramatique et frontal seraient les premiers mots que j’utiliserais. J’ai porté énormément d’attention aux textures, avec comme parti-pris d’utiliser principalement des instruments digitaux, plutôt « chimiques ». Il en ressort une esthétique assez froide, peut-être un peu violente.
Pour contrebalancer, il y a ma voix que je ne contrôle pas beaucoup. On est plongé là dans le registre du sensible, sans beaucoup de filtres. Certains titres sont ce que j’appellerais des « bouts de beurre », des « tires-larmes » comme Golden Hour ou Volcano Sitter, beaucoup plus lisibles selon moi dans leur écriture, plus chaleureux, plus généreux. Après, je ne peux pas m’empêcher de tordre les sons, de créer des tentions, des ruptures fortes dans la construction plutôt pop de mes morceaux. C’est pour ça que j’utilise facilement le mot « pop » et « extrême » dans la même phrase. C’est sans doute là, que se traduit aussi une quête de modernité.

Qu’est-ce qui t’inspire pour écrire tes morceaux ?

Je pense que c’est beaucoup de musique que je ne compose pas…mais dont j’incorpore des fragments, presque comme des citations. Mon approche de la musique est avant tout sonore (pas forcément textuelle ou émotionnelle), assez cérébrale. Toutefois, je suis aussi une chanteuse et je dépose dans ma voix beaucoup de ce qui m’arrive dans la vie ou de ce que j’observe. Pour le coup, on sort complètement de la machine pour être que dans l’humain.

Ton album s’appelle « Hotdrama », c’est important le drama pour créer un bon morceau ?

Non pas forcément, j’adorerais produire une petite bombe de fun et de légèreté. J’ai choisi ce titre « HOTDRAMA », aussi pour m’assumer. Assumer l’écriture dramatique de ma musique. ll faut y lire un effet d’annonce, et pas mal d’auto-dérision de mon côté.

© Avalanche Studio

Est-ce qu’on pourra t’entendre sur scène bientôt ?

En France, rien à l’horizon, je croise les doigts! Ici en Suisse, j’ai quelques dates et notamment, à Genève le 12 septembre, à La Bâtie Festival et à le 17 septembre, au Humbug Club, à Bâles. C’est les concerts les plus proches de la France pour le moment.

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