4H20 : Les Disques du Lobby dévoilent le nouveau morceau de Rami

Rami est une artiste trans non-binaire marocaine, qui dévoile son projet peu à peu avec Prologue. Jeudi 12 novembre, elle sort le morceau “4H20” chez nos copines des Disques du Lobby. Elle a bien voulu répondre à nos questions.

Si tu devais te présenter en deux mots, tu dirais quoi ? 

Flamboyantement plurielle. Je sais, c’est pas français mais t’as compris ! Deux mots c’est pas assez. Vous êtes radins!

Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ton projet “Prologue”?

Le projet s’appelle “Prologue” parce qu’il est né un an et demi après avoir commencé à bosser sérieusement sur ma carrière. J’ai passé l’année au studio à enregistrer et préparer pleins de sons pour mes futurs projets et en septembre dernier j’étais dans une phase où j’avais pas beaucoup de sessions. J’avais un gros manque. Je suis tombée sur la série de vidéos du Motif “un son par jour” et ça m’a trop chauffée donc je me suis remise à écrire vraiment tous les jours. Il a une énergie de dingue ce gars. J’ai pas arrêté d’écrire depuis mes 10 ans mais là ça faisait depuis ma seconde que j’avais pas écrit aussi fréquemment. Je faisais des démos sur mon tel ou mon ordi tous les jours. Je suis devenue grave productive. Un jour j’ai fait écouter les sons à un ami et il m’as engueulée. Il m’a dit que j’étais complètement malade de pas sortir tout ça et qu’il fallait absolument que je le fasse, et vite. Cet ami-là c’est mon frère, le directeur artistique de “Prologue”, Bilal Tahenni. C’est lui qui a réalisé toutes les vidéos du projet. Juste après qu’on ait eu cette discussion, j’ai appelé mes éditeurs, ils m’ont donné le feu vert donc j’ai tout enregistré au studio et on s’est lancé.

On a contacté des amis ou des connaissances qui voulaient bien participer au projet et on était là en mode yallah let’s f*cking go. Faire un son, puis tourner une vidéo et la publier tout de suite après c’est grave intense comme processus mais c’est kiffant. On tenait à montrer aussi que c’est possible de faire des choses sans avoir un énorme budget et du matériel du futur. Bilal filme toutes les vidéos avec son iPhone et moi je monte avec mon ordi. Je lui dis tout le temps qu’on va grave être nostalgiques de cette phase parce que certes c’est fatiguant mais en vrai, c’est une expérience de fou.

Comment est-ce qu’on fait de la musique en ce moment ? 

Je pleure, beaucoup. Hahaha. Ensuite j’écris et je vais au studio pour enregistrer. C’est un peu ma thérapie, j’ai pas de psy moi. Elle kick, elle prie et elle bédave! J’ai pas trop le choix! Si je ne fais pas de sons je deviens folle. Donc on fait, on produit, pour survivre.

Ça te manque, le live ? 

Ma première scène c’était début mars, la semaine avant le confinement. Recevoir toute l’énergie du public et performer ses propres sons pour la première fois puis se retrouver enfermée quelques jours plus tard c’est assez bouleversant. Donc oui, ça me manque énormément la scène mais je me dis que c’est un mal pour un bien. Ça me donne la dalle de ouf et je sais que je vais tout donner inchallah quand “la vie normale” sera de retour. J’ai faim! 

Tu l’occupes comment ton confinement toi ?

Je charbonne. J’écris. Je réfléchis. Je vais au studio. Je bosse sur des sons et je prépare les prochains épisodes de Prologue et d’autres projets. Je reste focused. 2020, c’est un peu cette année dystopique qui me donne l’impression que l’univers is trying me très fort mais je me dis que si j’arrive à avancer rien ne peut m’arrêter. Et ça, c’est motivant. J’essaie de rester concentrée malgré tout sur le positif, même si c’est dur en ce moment. Je me dis qu’en me soignant à travers ma musique je peux aider les autres à aller mieux. Je vous incite tous.tes à avoir foi en vous et en vos projets surtout durant cette période. Aimez-vous, c’est important! Tout est question d’énergie! 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.