Dans la « Chambre claire » de Marine Williamson

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Marine Williamson s’est fait connaître en 2016 en sortant un premier album en anglais, Shelter. Après ce premier opus en anglais dans une veine très folk, elle finalise aujourd’hui un deuxième EP, La chambre claire, en français cette fois, qui sortira le 10 février prochain. On y retrouve l’influence de la folk qui se mêle à des accents électro pour un rendu pop plus contemporain. Les textes poétiques inscrivent ce nouvel EP dans un espace intemporel, une chambre claire douce-amère. Nous l’avons rencontrée.

Bonjour Marine ! Est-ce que tu peux nous parler un peu de toi et de ton parcours pour commencer ?

J’ai grandi à Nantes dans une famille où on écoutait beaucoup de musique, surtout anglo-saxonne  (James Taylor, Les Beatles, Roxy Music..) et un peu française (Gainsbourg, Brassens, Cabrel..).  Je gratouillais un peu la guitare de mon frère et lorsque mon père a rapporté à la maison le  premier album de Sheryl Crow, ça a déclenché mon envie de chanter. 

Ensuite, je suis venue à Paris pour finir mes études de médiation culturelle et j’ai commencé à  prendre des cours de chant, pour le plaisir de chanter. Il m’a fallu du temps pour comprendre que  j’avais envie de creuser le sillon de la musique plus sérieusement. J’ai eu un premier groupe de  pop/folk, puis un duo electro-jazz avec un pianiste et j’ai commencé à écrire mes chansons, tout  en travaillant dans la boutique Springcourt du 11e arrdt, où j’avais, grand luxe, un piano et une  guitare à ma disposition ! Certaines des chansons de mon premier album Shelter (sorti en 2016)  sont nées là-bas.. Parallèlement, j’ai commencé à enregistrer des voix off et j’ai compris que la  voix, dans toutes ses dimensions était LA voie pour moi.  

On peut voir un lien entre ton premier EP Shelter et celui-ci La chambre claire. On a cette même idée de safe space, de refuge. Peux-tu nous en parler ?

Je crois que mes premières chansons sont nées d’une nécessité. Spontanément j’ai pris ma  guitare et j’ai écrit les sentiments, la peine qui m’animaient dans un moment un peu difficile de ma  vie. J’ai vite réalisé que ça me faisait un bien fou de transformer la douleur en chanson. Et que  c’était une chance d’avoir cet espace créatif très rassérénant.  

Quand j’ai commencé à enregistrer l’EP, je cherchais un titre et rapidement celui de La Chambre  Claire s’est imposé (il m’avait été inspiré par une amie qui me parlait du livre du même nom de  Roland Barthes). J’ai tout de suite vu la filiation entre le Shelter anglais et La Chambre Claire  française, les deux représentant un espace intime, un refuge.  

Tu sors ce nouvel EP en français cette fois alors que le premier était en anglais. Est-ce que tu peux nous expliquer ton choix de changer de langue ?

Au début l’anglais s’est imposé car la musique anglo-saxonne m’a beaucoup nourrie et dans un  élan mimétique j’ai chanté en anglais. Et puis, ça me permettait de me planquer un peu aussi 😉 Au fil du temps et grâce aux encouragements de me proches qui aimaient bien les petits textes  poétiques que j’écrivais, j’ai décidé d’essayer d’écrire des chansons en français et j’ai découvert  que je pouvais toucher plus directement les gens avec mes mots et écrire des choses peut-être  plus subtiles aussi. 

La veine folk est toujours bien présente dans tes chansons. Quelles sont tes influences musicales ? Les artistes qui t’inspirent ?

Depuis l’enfance j’écoute beaucoup de folk : James Taylor, Joni Mitchell, Neil Young, Dylan…  J’aime la sobriété et le dépouillement des chansons folk, où l’émotion passe juste par l’harmonie  d’une voix et d’une guitare.  

Ensuite j’ai écouté beaucoup Cat Power que j’adore et qui fait partie du panthéon de mes  chanteuses préférées avec Ella Fitzgerald notamment. Aujourd’hui j’aime beaucoup Angel Olsen,  Sufjan Stevens, Aldous Harding, J.E.Sunde, P.R2B, Dominique A, Weyes Blood, Laura Cahen…  Des artistes français et anglo-saxons dont j’aime l’écriture avec des sonorités acoustiques teintées  parfois d’électro.  

© Florence Grimmeisen

Au niveau des textes, il y a quelque chose de très poétique dans ton écriture. Quels sont les thèmes que tu aimes explorer ? Comment t’y prends-tu pour écrire tes chansons ?

J’aime la poésie, les images qu’elle suggère. Le sens n’est pas toujours évident mais chacun peut  y projeter quelque chose. C’est ce que j’essaie de faire dans mes textes (Ils sont parfois plus  directs mais souvent il y a ce coté un peu poétique).  

Les thèmes qui reviennent sont la désillusion amoureuse, sujet assez commun dans les  chansons 😉 mais qui s’est imposé lors de fracas amoureux, l’errance, l’absence à soi, mais aussi  la confiance retrouvée et la renaissance ! Je crois qu’on vit tous des cycles de croissance,  d’épanouissement et puis des moments de repli et ça m’intéresse de parler des deux, de montrer  qu’on peut traverser des périodes de tristesse et qu’on en sort souvent plus fort. 

Sinon pour écrire, j’ai deux méthodes : soit le texte jaillit tout seul et la musique vient ensuite (ça  m’arrive souvent d’écrire dans les trains, ça m’inspire). Ou alors, je trouve une suite d’accords à la  guitare (ou plus rarement au piano) et le texte vient ensuite en résonance avec la musique. D’une manière générale, la création est chez moi assez rare, et quand l’inspiration surgit je la vis  comme un cadeau. C’est un sentiment de joie très fort, l’impression d’être dans un flux. Et quand  la chanson me plait, c’est une des plus grandes satisfactions pour moi. Il y a quelque chose  d’assez magique dans l’acte créatif.  

Est-ce que tu peux nous parler un peu de ton actualité et de tes projets à venir ? 

Je viens de fêter en avant-première la sortie de mon EP « La chambre claire » le 18 janvier aux  Trois Baudets et c’était merveilleux ! J’étais entourée de musiciens excellents et j’ai été portée par  eux pendant tout le concert (un des meilleurs moments de ma vie !).  

Alors l’EP sort le 10/02 et je vais essayer d’organiser une petite tournée pour faire vivre ce disque  que j’aime beaucoup. 

On va tourner bientôt un nouveau clip (sur le titre La Source, qui est diffusé sur Fip actuellement)  Et sinon j’ai pas mal de projets en voix off aussi (des podcasts pour Hachette Éducation, une série  documentaire tv sur les thérapeutes..).