Des paillettes dans la bibliothèque : « Royale Malgré Moi 2 » : douce romance lesbienne

Temps de lecture : 3 minutes

Un roman pour ados paru en juillet imagine une princesse d’Ecosse qui tomberait amoureuse d’une étudiante américaine. De la douceur un peu mièvre bienvenue pour croire à la princesse charmante.

roman lesbien jeunesse : royale malgré moi

En littérature, j’ai un plaisir coupable : les romances royales. J’ai beau être anti-riche et anti-monarchiste, je raffole des histoires où le prince s’éprend de la roturière. Et où ils affrontent des obstacles comme « je n’ai pas les codes sociaux » ou « mes faits et gestes sont sur-analysés ». Des problèmes qui me paraissent exotiques, en quelque sorte. Mais quitte à lire des histoires d’amours interdits, autant qu’elles mettent en scène des personnages LGBT, non ?

« Royale Malgré moi 2 » de Rachel Hawkins suit Millie, étudiante texane bisexuelle et Flora, princesse d’Ecosse lesbienne (oui, oui l’autrice a inventé une famille royale écossaise), toutes deux étudiantes dans une école prestigieuse dans les Highlands. En anglais, le livre s’appelait « Her Royal Highness », « Son altesse royale », au féminin. Sur la couverture, on voyait une jeune fille, portant des lunettes dont les verres en forme de cœurs reflétaient une autre fille.

roman lesbien en anglais : her royan highness

Le sous-entendu saphique disparaît totalement dans la traduction française parue en juillet : les lunettes cœurs de la jeune fille en couverture ne reflètent plus personne. C’est bien dommage parce que c’est toujours difficile à trouver, des romances lesbiennes pour ados. Les internets du livre s’en étaient d’ailleurs émus.

Le premier tome suivait les aventures hétérosexuelles du petit frère de l’héritier à la couronne. Celui-ci s’intéresse à leur sœur, qui aime les filles et déteste son internat. Les deux héroïnes sont obligées de partager une chambre, et évidemment leurs mondes sont totalement différents, ça fait des étincelles (ça arrive avec la friction). De nuits à la belle étoile collées pour partager un peu de chaleur, en bagarres dans des pubs et bals princiers, les deux ados apprennent à se connaître, se rapprochent et tombent amoureuses.

C’est doux, un peu mièvre, parfois un peu trop facile, mais nous aussi on veut croire aux pouvoirs magiques de la communication. Ce n’est pas un roman très queer-politique, si vous espérez qu’elles feront tomber la monarchie, le patriarcat et l’hétéronormativité, mieux vaut lire Wittig. Mais nous avons besoin, aussi, en plus, d’histoires faciles à lire et qui se finissent bien. On note d’ailleurs que l’homophobie ne s’y exprime qu’en creux, à travers l’espoir de la reine que sa fille finisse par accepter d’épouser un homme de bonne famille. Leurs amis, quelques membres de leur famille et même des anonymes du web sont pleins de bonnes intentions et d’encouragements. Nous avons besoin d’histoires où l’amour lesbien est victorieux et où on peut rêver de couler des jours heureux avec la princesse charmante. C’est exactement ce que propose ce roman.

Royale malgré moi tome 2, de Rachel Hawkins, éditions Nathan, juillet 2020.

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