Entre Garçons : Stéphane Gérard donne la parole aux gays militants

Mise en ligne ces dernières semaines, Entre Garçons consiste en 11 entretiens avec des gays millenials franciliens. Confiée à l’ami Stéphane Gérard par le réseau social Hornet, la série nous a séduite de par son caractère politique.

Julian, crédit photo Stéphane Gérard

Un casting militant et soigné

Sortir des représentations dominantes et mettre en avant des personnes trop souvent invisibilisées : c’est le pari pris (et réussi) par le réalisateur d’Entre Garçons. “On a essayé de rendre compte de la diversité de notre communauté en ne se limitant pas aux personnes ayant des corps cisgenre, blancs, correspondant aux standards, mais plutôt de mettre en lumière les minorités dans la minorité, de nationalités différentes et d’avoir un peu de tous les âges de la fourchette” nous raconte Stéphane. 

Plus encore que l’inclusivité, c’est le caractère politique de la série qui nous a interpelé. A une époque où la “droitisation” de la communauté gay fait régulièrement débat, Stéphane a lui choisi des profils plutôt bien ancrés à gauche – un choix particulièrement intéressant dans média qui s’adresse à un public pas forcément militant.

Lutte contre le VIH, droits des migrant·e·s, communisme : on y a reconnu quelques têtes qu’on aime bien, qui prennent ici le temps d’expliquer les causes qui leur tiennent à cœur. Une volonté, peut-être, de proposer d’autres récits face aux discours majoritaires du moment, et d’aborder directement les enjeux qui frappent la communauté : “Même si la commande venait d’un média, je ne tenais pas à suivre les règles journalistiques qui veulent qu’on aspire à une supposée neutralité” explique le réalisateur, avant de préciser :

“Je pense que le fait de diffuser cette série sur un média communautaire nous impose plus d’exigence envers nous-mêmes dans la réalisation d’un travail à la hauteur de cette communauté. Pour moi, ça impliquait que ce projet mette en avant des points de vue qui se soucient des plus fragiles (la défense des réfugié·e·s, la solitude et l’isolement, les discriminations sexistes ou racistes), qui rappellent l’importance de prendre soin de soi, et les un·e·s des autres (l’éducation aux usages de drogues ou à la santé sexuelle, lutter contre l’homophobie) et qui célèbrent pour chacun·e l’expression artistique, la recherche ou la réflexion politique.”

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Entre Garçons

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