Grossophobie, lesbophobie et marionnettes – L’IMPOSTURE de Lucie Hanoy

Temps de lecture : 4 minutes

Jusqu’au 15 décembre 2019, Lucie Hanoy joue L’IMPOSTURE au Théâtre de la Girandole à Montreuil. Un spectacle sensible et une réflexion juste sur une société où il ne fait pas bon être lesbienne, grosse et marionnettiste.

C’est la discrète lumière d’une lampe de poche qui ouvre L’Imposture. La comédienne-metteuse en scène-marionnettiste et co-autrice du spectacle, Lucie Hanoy, éclaire des parties de son corps. Par à-coups. Elle convoque des images d’ombres chinoises, d’humour de l’absurde ou encore de films d’horreur. Durant ces cinq premières minutes, ça rit, ça s’émerveille de ce que l’artiste peut faire avec si peu de choses, ça hurle sur scène. Il suffit de ces cinq premières minutes pour que le public rentre dans l’arène. Pendant 1h15, on va voyager dans le temps, dans la vie de Lucie Hanoy et des discriminations qui l’ont jalonnée.

BACK TO THE FUTURE

En 1989, Chute du Mur de Berlin et naissance de Lucie Hanoy. Une enfance à Champfleur dans les Pays de la Loire : « une ville avec des champs et des fleurs ». Ça aurait pu être une PETITE MAISON DANS LA PRAIRIE version sarthoise mais les injonctions de la société pointent bien trop tôt le bout de leur nez. Ça commence avec les matchs de foot de son enfance où l’on parle de « la petite grosse » tout en rappelant que « c’est pas un sport de pédés ». Et durant toute sa jeunesse, le patriarcat hétéronormé phallogocentré se manifestera sans se gêner.

« L’ENARQUE DE LA MARIONNETTE »

Un début de salut apparaît toutefois avec la découverte d’une vocation. C’est décidé, Lucie fera de la marionnette ! Direction Charleville-Mézières, ville de Fishbach et Rimbaud, pour entrer à l’Institut National de la Marionnette. Soucieuse de pédagogie pour son public mais remplie de fierté justifiée, l’artiste rappelle que c’est un peu l’ENA de la discipline. Tout de même.

Diplômée, l’artiste rencontre de nouvelles galères : l’intermittence, les déconvenues des ateliers en milieu scolaire, l’étiquette « saltimbanque »… Et il faut le dire, les blessures anciennes restent.

AUX ARMES, ETC.

Seulement du chemin, Lucie Hanoy en a parcouru. Des kilomètres et des kilomètres de rage de vivre qu’elle transcende dans L’IMPOSTURE. Un spectacle où elle convoque différentes voix pour faire résonner la sienne à travers les âges. Grâce aux marionnettes aux traits amplifiés et clownesques, elle fait parler celles et ceux qui n’ont pas été tendres avec elle. K.O guignolesque dans les règles de l’art. Quant à la petite marionnette des plus délicates que l’on veut protéger tout le long du spectacle, elle incarne les traits de l’enfant qu’a été la metteuse en scène. Cuteness et swag absolus.

Mais ça ne s’arrête pas là. Lucie Hanoy ne craint pas de multiplier les adresses directes au public. Elle reconfigure sans arrêt le plateau pour donner, tour à tour, l’illusion d’une maison de famille, une salle de remise de diplôme ou l’intimité d’une cabine d’essayage. Bref, ça pousse les murs, ça explose les questionnements de genre et des discriminations grossophobes et lesbophobes. Le tout dans une playlist kitsch et de bon goût (oui, oui). Et qu’est-ce que c’est drôle… C’est peut-être là le grand talent de Lucie Hanoy. Viser juste où ça fait mal pour finalement en faire ressortir une franche partie de rigolade. On vous l’a déjà dit : transcendance.

À découvrir au théâtre Girandole à Montreuil durant les dates de représentations :

INFOS PRATIQUES

EVENT FACEBOOK de la pièce. Tarif et Réservation :

  • Plein Tarif : 16 euros
  • Tarif Montreuillois : 13 euros
  • Tarif Réduit -18 ans, Intermittent, Chômeur, Adhérent : 10 euros
  • Tarif Réduit -12 ans, Minima Sociaux, Etudiant : 6 euros
  • Billet suspendu : 0 euro

Pour réserver c’est par ici

Lesbienne, grosse et marionnettiste : Lucie Hanoy au théatre
Lucie Hanoy, L’Imposture

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