La Lune et les Abysses : “A travers la chaleur du lit et le café du matin, dans la cuisine…”

La Lune et les Abysses encapsule l’avant, le pendant et l’après d’une relation vouée à l’éphémère entre deux hommes. Premier amour tardif, et émotionnellement déséquilibré entre ces amants, chaque texte se veut être un souvenir, un pansement ou un hommage. 

A travers la chaleur du lit et le café du matin, dans la cuisine ;  

Peux-tu le voir ?  

Lors des soirs de semaine, devant les écrans, où plus un mot n’est échangé ; 

Peux-tu le voir ?  

Assis dans l’appartement, les livres ensemble, les corps ensemble, les lessives ensemble ; 

Peux-tu le voir ?  

En filigrane sur les papiers à en-tête, les deux noms collés, l’officialisation cerclée ; 

Peux-tu le voir ?  

Dans le temps qui passe, qui effraie, qui mime l’impasse,  

Peux-tu le voir ?  

Malgré l’oubli du silence, la peur de la solitude, les rituels et l’affection ; 

Peux-tu le voir ?  

Malgré le statuquo, le bonheur supposé, les draps de moins en moins bousculés ; 

Peux-tu le voir ?  

La vérité, la réalité.  

Le bien mais pas le mieux.  

Les illusions, l’accoutumance, la fin de la romance ; 

Peux-tu les voir ?  

Tous ces regards d’hommes et moi, noyé parmi eux ;  

Peux-tu me voir ? 

Ce poème est illustré par Zoé Maghamès Peters.

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