« La Nuit juste avant les forêts » : à quoi bon le théâtre, s’il ne donne pas la parole aux invisibles ?

Temps de lecture : 2 minutes

La Nuit juste avant les forêts est une œuvre de Bernard-Marie Koltès créée en 1977 et publiée en 1980, puis en 1988. Cette pièce est généralement considérée comme l’oeuvre fondatrice de Koltès : il s’agit de l’oeuvre de la renaissance. Dans les années qui précèdent, l’auteur a cessé d’écrire. Il voyage en URSS, s’inscrit temporairement au PCF, comment une tentative de suicide, plonge dans la drogue, puis en sort, avant de déménager pour Paris. S’il s’agit d’un renouveau sur le plan personnel, c’est également une nouvelle étape dans le processus créatif de l’auteur qui va ici assumer pleinement la forme de long monologue qui lui est chère mais qui lui était, auparavant, reprochée.

Dans La Nuit juste avant les forêts, un homme, sans réelle identité outre le fait d’être étranger, en rencontre un autre, sous la pluie, et lui demande une chambre pour une partie de la nuit. Sa parole ne connaît pas de répit, ne laisse pas de place au silence. À la fin du récit, l’homme se trouve toujours sous la pluie, et n’a toujours pas de chambre.

À qui parle-t-il vraiment ? Peut-être à personne. Peut-être à lui-même. Ou peut-être à celui qu’il a croisé et qui lui a redonné espoir. L’espoir de pouvoir dormir quelque part. De pouvoir se réchauffer. De pouvoir parler, raconter, échanger, pleurer, crier, aimer. Vivre, enfin.

La Nuit juste avant les forêts, c’est la voix d’un invisible, d’un sans-abri que notre société génère. C’est également une pièce écrite par l’un des plus grands dramaturges contemporains, une performance d’acteur et un grand moment d’humanité.

LA NUIT JUSTE AVANT LES FORÊTS de Bernard-Marie Koltès avec Christophe Hatey, mise en scène Roger Davau

Du jeu. 21/04/22 au dim. 08/05/22

Théâtre La Croisée des Chemins

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