Le retour des #CoolPodcasts : un top 10 spécial confinement, première partie

Temps de lecture : 5 minutes

Moi, j’étais/je suis confinée dans la banlieue lointaine. La journée, je fais pas mal d’heures de cours et le soir, j’ai pris l’habitude de me poser au soleil sur les marches de la maison, avec un paquet de clopes, mon casque et un verre démesurément grand de vin blanc. Top 10 de ceux écoutés pendant cette drôle de période. Je les classe pas, c’est trop dur. Vous aurez qu’à le faire. 

Camille pour Binge Audio : les anges hétéro de la téléralité 

J’ai eu l’occasion de construire un cours sur ce sujet, à la demande de mes élèves. La doctorante qui intervient est une pote de la podcasteuse et ça s’entend, c’est vraiment chouette de les entendre aborder ce thème, d’une manière très scientifique et avec une grande expertise mais en se marrant bien quand même. Alors, hétéro, la téléréalité ? Ben oui, très. Ce genre culturel particulier a en fait pour fonction, outre de divertir, de performer, de construire et montrer une norme sur laquelle le spectateur/la spectatrice peut se situer. A ce titre, lorsque des LGBT y sont intégrés, c’est toujours à une place bien particulière. 

  • 100 points lorsque la chercheuse mentionne les filles aux cheveux bleus de la Mut ! 

Les Pieds sur Terre pour France Culture : la marieuse 

C’est clairement ma série de podcasts favorite, je ne m’en cache pas. 26 minutes, le temps de faire une grosse vaisselle ou du ménage, sans commentaire des journalistes, sur des sujets super variés et toujours traités finement. Cette fois, l’équipe de Sonia Kronlund, qui cite toujours sa stagiaire au générique, nous emmène dans une agence matrimoniale du centre de la France. On y entend des prétendants éconduits pour cause de grosse barbe, des profils qui ne matchent pas toujours et des exigences souvent démesurées. Perso, à l’heure des applis, je n’imaginais pas que ça puisse encore exister. Et le tarif est exhorbitant. 

La Série Documentaire pour France Culture – Se battre seule 

L’équipe de Perrine Kervran propose, en temps de confinement, une plongée dans le quotidien de celles qui se nomment elles-mêmes les “mamans solo”. A l’heure où 20% des familles sont monoparentales, de nombreux enfants sont concernés. Et beaucoup de mères aussi. Elles représentaient, en 2016, date de la dernière enquête, 84% des parents à la tête de ces familles. Les rares – 16% des pères qui ont la garde de leurs enfants parce qu’ils l’ont demandé – vivent dans des conditions financières et de logement beaucoup plus favorables, notamment car ils font appel…aux femmes de leur entourage. Par ailleurs, 40% des pères ne versent pas la pension alimentaire. Le système en entier est sexiste. C’est l’organisation sociale toute entière qui est alors à repenser. Loin des clichés misérabilistes, une photographie de la situation de ces mères qui se battent. 

Un Podcast à Soi pour Arte Radio. Mauvais genres : trans et féministes 

C’est toujours long, les épisodes produits par Charlotte Bienaimé, il faut une grosse heure et demie pour arriver au bout. Mais le format répond à la rigueur et aux exigences des sujets abordés. Ici, des personnes trans de tous horizons abordent leur parcours, les obstacles qu’ils et elles ont rencontrés, leurs désirs, leurs places, aussi, dans le mouvement féministe. La question centrale est bien ici l’articulation et les luttes communes entre les mouvements trans et les mouvements féministes, à la suite du pénible épisode transphobe du début de l’année, menée notamment par une militante dont nous ne prononcerons pas le nom. Les témoignages ont été enregistrés, partout en France et en Belgique, avant le confinement et pendant. Un must, loin du sensationnalisme, dans cette série souvent passionnante. 

Les Couilles sur la Table pour Binge Audio : dans le genre, confiné.e.s

Dans un format à la fois plus court que d’habitude et en coprod avec Programme B, Victoire Tuaillon et son camarade interrogent, une fois de plus, les masculinités mais cette fois, sous l’angle du confinement. Que se passe-t-il, alors que “nous sommes en guerre”, registre viril s’il en est, pour les femmes ? Quels sont les liens qui peuvent être produits entre les masculinités et cette situation inédite ? Un peu léger parfois, mais + 100 points pour les efforts engagés, notamment quand il s’agit de déconstruire l’idée reçue “les pays dirigés par des femmes s’en sortent mieux”. On aime pas le pouvoir, nous, peu importe qui le détient. 

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