Témoignage : un O(V)NI HYMÉNÉAL

« Vous savez, nous ne perdons totalement notre hymen qu’au moment de l’accouchement » me lance ma gynécologue lors d’une consultation. 

D’ailleurs, peu de femmes se représentent concrètement leur hymen. Il est presque un mythe des cours de récréation, une abstraction concrète qui servait à attester de la virginité d’une femme, il y a trèèèès longtemps. Pourtant, ce test sans valeur médicale est encore largement pratiqué en Afrique du Nord, en Inde, en Indonésie, au Brésil, en Afrique subsaharienne, en Irlande du Nord et en Grande-Bretagne, au grand dam de L’OMS qui appelle encore aujourd’hui à l’arrêt de ces pratiques violatoires.

Mais alors qu’est ce que l’hymen et comment se matérialise t-il ? Ou plutôt à quoi ressemble / ressemblait MON hymen ? Est-il encore présent et pourrais-je le voir, le toucher ? Si ma gynéco disait vrai, les femmes n’ayant pas subi d’accouchement pourraient partir en quête de ce doux mystère…

Bien souvent pensé comme une fine membrane transparente, voire délicate, qu’un pénis aguerri viendrait percé, les hymens prennent, comme toutes les parties du corps humain, des formes multiples, incroyables et merveilleuses.

J’ai ainsi découvert à 28 ans que mon hymen faisait encore tout à fait partie de mon corps. Il était un bout de chair, entier, épais, de muqueuse élastique à la limite de l’intérieur et de l’extérieur que je pouvais non seulement voir mais aussi toucher, sortir, rentrer et tirer. Comme désespérément attaché à mes entrailles. Mais avant de penser qu’il était ce tout et ce rien que l’on nomme hymen, il aura fallu que ma gynécologue identifie l’O(V)NI.

Comment pouvais-je penser, après 13 ans de relations sexuelles que j’étais encore « vierge » ? Est-ce que ces 13 années de relations avec des femmes me laissaient vraiment novice en la matière ? Mon hymen était si imposant, que j’étais indéniablement très très vierge. J’avais pourtant expérimenté des sextoys plus grands et plus larges que 95% des bites existantes…

C’est ainsi que j’ai découvert le monde insoupçonné des hymens perdus et/ou retrouvés.

Le mien avait pour nom « bridé trifenêtres » c’est à dire avec trois fenêtres (j’aime beaucoup cette image plutôt que celle du trou que l’on ne peut pas volontairement ouvrir ou fermer). La plus grande fenêtre laissait place à toutes les entrées et sorties qui me faisaient plaisir, la deuxième à l’équivalent d’un doigt et le troisième à pas grand chose d’intéressant 🙂

En m’attardant sur les schémas médicaux (que j’ai pris plaisir à reproduire), je me suis aperçu que l’hymen « normal » était assez clairement identifié, et ce malgré l’immensité des possibilités dont certaines tout à fait fonctionnelles. 

Il est néanmoins tout à fait possible de ne pas avoir un hymen dit normal et vivre une sexualité tout à fait banale. 

La gynéco a malgré tout préconisé le retrait de mon « petit » hymen.
Mais en dehors de l’idée crétine que j’ai officiellement perdu ma virginité sur une table d’opération avec une gentille chirurgienne gouine (j’ai le droit d’adoucir mes souvenirs), je me demande aujourd’hui si c’était bien nécessaire.

L’intervention était certes sous anesthésie locale, sans risque et rapide, mais mon hymen était-il si dérangeant ?
Mes relations intimes ont d’ailleurs joué un rôle bienveillant et important qui aurait dû suffire à ne pas me faire opérer. Mon ex m’appelait tendrement « le Barde de Besbar » (Barbès en verlan) et j’avais toujours pensé que le barde était un instrument à 1 ou 2 cordes que représentait ma double bride hyménéale, avant de me rendre compte que la barde n’était qu’une mince tranche de lard avec laquelle on entoure un rôti…  bon.

C’est peut être simplement mon aversion pour la viande qui m’aura fait pencher en faveur du retrait après 2 ans de réflexion…


Suite à 15 mn d’opération, toutes les mélodies de mon hymen ont cessé et la femme m’a tendu l’équivalent d’une aiguillette de poulet cru, c’en était fini.

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