Aili et Transistorcake dévoilent le morceau « Dansu »

Temps de lecture : 6 minutes

Née au Japon et résidant aujourd’hui en Belgique, Aili apporte un son nouveau et exotique au monde de la musique électro à travers son premier single « Dansu » avec son acolyte bruxellois Transistorcake sur le label Eskimo Recordings. Ce partenariat avec Aili a abouti à une synergie hypnotique épatante de leurs deux sons individuels. Les ambiances sonores énigmatiques japonaises et l’électro belge se marient parfaitement dans le single « Dansu ».

Le morceau possède un son qui rappelle ironiquement les soirées de club hédonistes pré-pandémiques alors que les deux artistes se sont efforcé-e-s de composer le son à mi-cadence. Le morceau ‘Dansu’ offre un melting-pot de vibrations cosmiques, de house acide, d’électronique et de reflets de disco lunatiques. La voix douce d’Aili se superpose parfaitement aux synthés de Transistorcake. Le suspense cinématographique donné par les riffs de guitare évoque cette sombre sensation de dancefloor enfumé. Ce titre sera sans aucun doute un succès, notamment grâce à son groove dansant et sa personnalité naturellement attirante et relaxante. Rencontre avec Aili et Transistorcake.

Est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement ? 

Aili : Mon nom complet est Aili Maruyama. Je vis actuellement à Bruxelles et malgré le chaos qui règne, je vais bien. 

Orson : Je m’appelle Orson Wouters, je vis à Gand et je fais de la musique sous le nom de Transistorcake. J’ai 27 ans.

Ça veut dire quoi “Dansu”? 

Aili : Cela signifie danser. Il s’agit en fait d’un mot emprunté à l’anglais. Au Japon, ils utilisent beaucoup de mots empruntés qui viennent de l’anglais et qui ont ensuite reçu une tournure japonaise. Comme chocolat = chocorato. Il y a dix mots différents que vous pouvez utiliser pour la danse, selon le contexte, comme « odoru », qui signifie aussi danse. C’est une langue compliquée 😉

(c) ILLIAS TEIRLINCK

C’est plutôt un morceau pour danser. Est-ce que ce n’est pas bizarre de sortir un tel son alors que les endroits pour faire la fête sont tous fermés ?  

Orson : D’une certaine manière, Dansu est la chanson parfaite pour cette période, je pense. Comme c’est une chanson de danse de rêve, elle vous fait attendre avec impatience le moment où nous pourrons tous retourner dans un club ou une salle de concert. Et, de toute façon, ce serait plutôt triste s’il n’y avait que des chansons de fin du monde sur les pandémies publiées de nos jours, les gens peuvent faire preuve d’un certain optimisme. 🙂

Aili : Pour moi, cette période a rendu ma relation avec la musique encore plus étroite, même en tant qu’auditrice. La fragilité de votre humeur est exacerbée lorsque vous êtes tout le temps chez vous, et comme tout art (ou stimulus / tout livre ou film), la musique peut vous mettre où vous voulez être, même juste pour un instant. Créer et sortir Dansu a été un soulagement en ce sens, même si nous ne pouvions pas organiser une véritable fête de sortie. J’espérais un concert en sous-sol avec quelques ami-e-s. Mais il viendra un moment où nous pourrons à nouveau faire la fête. En attendant, nous nous assurerons d’être prêt-e-s pour la scène.

Est-ce que vous pouvez nous parler un peu plus de l’EP ? 

Orson : Tout a commencé un jour où nous avions vraiment envie de faire de la musique de danse. Aili et moi faisions de la musique ensemble depuis des années, mais d’une manière ou d’une autre, cela a toujours évolué vers une musique pop plus facile à vivre et plus rêveuse. Cette fois, nous nous sommes un peu lassé-e-s de ce style et nous avons voulu essayer de faire de la dance music. Nous avons pris nos boîtes à rythmes, nous avons un peu poussé le tempo et nous nous sommes juste beaucoup amusé-e-s. Finalement, Aili a commencé à chanter en japonais sur nos créations de manière intuitive.

(c) ILLIAS TEIRLINCK

Aili : Je n’ai jamais vraiment eu l’intention de chanter toutes les chansons en japonais. Mais tout au long du processus, j’ai réalisé que cela avait vraiment un sens. Le japonais est ma deuxième langue. J’ai quitté le Japon quand j’avais sept ans, donc mon japonais est resté à ce niveau. Mais c’est la seule façon de communiquer avec mon père (puisqu’il vit toujours à Tokyo). Après toutes ces années, nous avons créé notre propre langue qui a contribué à l’énergie et aux paroles de notre EP. C’est devenu une ode à ma relation avec mon père et ma soeur. La création de cet EP est l’une des choses les plus amusantes que j’ai faites jusqu’à présent. Orson et moi faisons de la musique depuis plus de six ans. Nous avons beaucoup expérimenté et gagné en confiance pour travailler ensemble et en nous-mêmes. Aujourd’hui, nous sommes très enthousiastes et fiers de pouvoir enfin sortir notre création dans ce monde chaotique. Nous verrons ce qui se passera, tant que nous continuerons à nous amuser ensemble, cela n’a pas vraiment d’importance.

Comment fait-on de la musique en pleine pandémie? 

Aili : Nous avons la chance d’être seulement 2 membres du groupe. Orson est dans ma bulle, et je suis dans la sienne. Nous essayons de nous rencontrer chaque semaine et par le biais de nos téléphones, nous nous parlons presque tous les jours. Il a été difficile pour moi et pour les autres de nourrir la créativité en ces temps, mais ce fut une bénédiction de travailler avec quelqu’un qui est sur la même voie que moi, mais qui m’inspire aussi. Je suis curieuse de voir comment la fin de cette pandémie va affecter ce que les gens vont créer, et comment la relation des gens avec la musique va s’épanouir.

Orson : Nous avons essayé de faire de la musique via Discord une fois, mais ça n’a pas très bien marché, haha. La pandémie m’a fait réaliser à nouveau l’importance de l’interaction humaine pour faire de la musique.


Aili x Transistorcake – ‘Dansu’ est sorti le 27 novembre 2020 sur le label Eskimo Recordings.

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