Battre le silence : quand la mémoire du SIDA s’incarne au théâtre

Temps de lecture : 3 minutes

A partir du 4 décembre prochain, la compagnie L’inverso-collectif jouera la pièce Battre le silence. Pour cette première création, le collectif s’est plongé dans les archives de l’épidémie du SIDA pour donner corps à une mémoire collective et plurielle qui va de pair avec l’histoire de nos communautés LGBTI+.

© Pablo Réol

Pauline Rousseau, la metteuse en scène, féministe, lesbienne et militante, raconte que, même si elle est née en plein boom de l’épidémie et que le SIDA fait partie de sa culture, à la fois personnelle et militante, elle n’en connaissait qu’une histoire lacunaire. C’est en se plongeant dans des archives, accumulées sur une plateforme en ligne et partagées avec les autres membres du collectif que cette histoire a pris corps.

“On ne peut pas être homosexuel·le aujourd’hui sans être
traversé·e par cette mémoire de la stigmatisation.”

Pauline Rousseau, La grande table d’été, France Culture, 2016

L’équipe de L’inverso-collectif est constituée de comédien·ne·s de formation ou d’élection et de chercheur·se·s officiel·le·s ou non qui ont alors eu pour consigne de choisir les fragments de cette histoire qui les touchaient et de se laisser guider par leur intuition. C’est la sensibilité des interprètes qui a permis de reconstruire une mémoire à plusieurs voix d’une histoire commune. Il s’agissait alors de se plonger dans une époque marquée par la pluralité des vécus parfois révoltés, parfois résignés, souvent endeuillés et systématiquement marqués par la mort faisant irruption dans la vie, l’expérience de la maladie sexuelle transmise par le plaisir et la jouissance. Il s’agissait ensuite de donner corps à ces vécus, ces expériences sur la scène du théâtre.

Battre le silence : quand la mémoire du SIDA - Friction magazine
© Pablo Réol

C’est le personnage de Camille, mort du SIDA, qui constitue le fil rouge de la pièce, personnage en creux ne se révélant que par les survivant·e·s et progressivement éclaté en de multiples voix, une figure nourrie de récits au présent et au passé.

Comment donner un corps et une voix à un fantôme ? Comment énoncer la perte ? Comment communiquer la rage ? Comment articuler le présent et le passé, comment croiser les époques ?

Battre le silence

Une écriture de plateau mêlée aux textes de Yves Navarre, Bernard-Marie Koltès et Guillaume Dustan.
Avec Marie Astier, Claire Besuelle, Thomas Bouyou,Ulysse Caillon et Charles Dunnet
Mise en scène : Pauline Rousseau
Scénographie : Lola Sergent
Lumières : Raphaël Bertomeu
Dramaturgie : Guillaume Cot
Son : Céline_Technorama
Lavoir Moderne Parisien
35, rue Léon, 75018 Paris
Durée : 1h10
Tarifs : 19/15/12/10€

Partenaires : Beaumarchais SACD, SPEDIDAM, ADAMI, Collectif 12, Grand Parquet – Théâtre Paris Villette

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