Entre lames et révolte, des écrits sans concession : on a parlé avec l’écrivaine Joyce Rivière

Joyce Rivière

Suite à la décision de Trump de s’attaquer aux droits des personnes trans, un texte a attiré notre attention : « They Won’t Erase Us » par l’écrivaine transbutch Joyce Rivière, publié sur son blog Bottom Princess Revolution. On a donc décidé de s’entretenir avec elle pour parler de la solitude systémique des meufs trans y compris dans le milieu queer, de l’écriture comme instrument de lutte et du besoin urgent de s’organiser avant qu’il ne soit trop tard.

Friction : Peux-tu nous dire qui tu es, pour celleux qui ne te connaissent pas encore ?

Joyce : Ahaha la question officielle d’ITW ! Je suis une transbutch écrivaine matérialiste (coucou Delphy) et de temps en temps, quand j’ai de l’énergie, je verse dans l’autothéorie et dans la réflexion stratégique concernant les questions d’autonomie trans*.

A quoi fait référence le titre de ton blog, « BottomPrincess » ?

Et bien parce que je veux qu’on me remplisse et qu’on comble les différentes béances qu’il y a sur mon corps, que je veux tout cela mais que je veux le choisir aussi, que la main qui me creuse, qui me griffe, qui me gifle soit une main à laquelle je consens et que je peux tenir dans la rue aussi et que cette main puisse caresser mon dos dans mes séismes intérieurs. C’est un titre qui me convient aussi parce que la princesse c’est également la solitude, à l’exception que la tour isolé c’est moi qui la construit et que cel* qui m’embrasse durant mon sommeil (et donc sans mon consentement) finira la langue arrachée façon Béatrice Kido dans Kill Bill volume 1.

Dans ton blog, tu décris les aléas de l’écriture, traversée par des moments galères. On comprend bien qu’écrire est moins un art que des conditions d’écriture. Tu peux nous en dire plus ?

Souvent dans ma vie j’ai croisé des personnes qui te disent qu’el* peignent, qu’el* dessinent, qu’el* écrivent mais ne se disent jamais ou peintr* ou dessinateu* ou écrivain* parce que (et surtout en France) on est un peu obsédé par le titre officiel. En fait je vais venir avec mes gros sabots mais dans tout art il y a des conditions de production. Tu sais dans les lycées Littéraires on nous fait à peu près tou* lire le livre Les Lettres à un jeune poète de Rilke : c’est un livre qui parle de ce qui te valide en tant qu’écrivain* et Rilke, parmi les nombreuses bêtises de straight qu’il nous sort, il parle de l’écriture comme nécessité… et à première vue ça a l’air très fort cette idée de « nécessité », ça veut dire que t’écris par besoin mais c’est oublier que ce qui est nécessaire est défini par un mode de pensée occidental blanc et hétérosexuel… Du coup, quand tu ne corresponds pas à la norme, cette définition de l’écriture est complètement restrictive. Pour moi écrire est une activité et à partir du moment où tu écris et bah tu es écrivain*… Sûr tu n’es pas lu par plein de gen* et on ne te cite pas dans les écoles, et on ne parle pas de toi dans les fins de soirées après quatre pintes de bières mais tu es écrivain*…

« Il y a toujours une ‘nécessité’ à dire quelque chose quand tu es une personne opprimée »

En fait j’aimerais qu’on désacralise l’écriture et qu’on valorise le style des différentes personnes qui écrivent parce que leur style apporte quelque chose de nouveau et on s’en fout de la nécessité parce que y a toujours une « nécessité » à dire quelque chose quand tu es une personne opprimée, on n’a pas besoin de passer par papa Rilke pour le vérifier !!! Bon je m’égare. Concernant la question des conditions d’écriture et bien c’est simple : il faut avoir de l’argent et une chambre à soi comme disait Virginia Woolf (de l’argent je commence à en avoir et une chambre à moi et bien c’est en cours, croisons les doigts) mais les personnes qui produisent beaucoup et glorifient l’ascèse pour moi ce sont juste des bourges qui se complaisent dans un fantasme de la pauvreté…

La vérité c’est qu’on crève la dalle et que quand tu écris et que tu crèves la dalle et qu’il n’y a absolument pas de moyen de valoriser ton travail économiquement à part les pots communs par exemple (parce qu’il n’y a pas encore hélas de mutualisation collective des moyens économiques dans le milieu queer) et bah tu fais avec ce que tu as, c’est-à-dire pas grand-chose ou alors tu travailles dans un taff salarial (et donc du coup tu travailles multiplement et pour au moins un travail, tu travailles gratuitement) mais à ce stade-là, tu le fais d’abord pour toi et aussi pour les personnes que tu aimes… Pour moi il n’y a pas de « nécessité » de l’écriture, il s’agit d’abord d’écrire pour soi selon les moyens qu’on a et de briser les logiques d’auteur* qui sévissent partout et empêchent pour beaucoup d’écrire et de produire leur narrativité pour faire bouger les choses…

Ta plume raconte le quotidien des interactions, des coups de gueule et des coups de cœur qui fondent un univers de relations au sein de la communauté transpédégouine. Tu nous parles de solitude structurelle des meufs trans et aussi d’alliées cis en devenir. Tu peux revenir sur cette notion ?

Je pourrais en écrire des lignes à n’en pas finir… Que la seule vérité de mon quotidien c’est la vérité du mur blanc et du plafond blanc que je fixe au réveil, de mes douleurs aux articulations et de l’angoisse qui me gagne à ne pas savoir quoi faire de ma journée. Je pourrais en écrire des lignes sur ce en quoi nous, les femmes trans au sein de la communauté transpédégouine, nous sommes des attractions jetables, qu’on n’a tellement pas d’existence qu’on peut baiser à côté de nous sans nous demander notre avis et qu’on prend des médocs, souvent des antidépresseurs et du xanax, pour faire tenir tout ça. Qu’on est à disposition des personnes cis pour répondre à des questions, qu’on est à disposition des personnes cis pour répondre à leur besoin émotionnel et/ou affectif et/ou érotique et que le plus souvent, on culpabilise de nos propres besoins, qu’on s’excuse à chaque fin de phrase, qu’on rase les murs dans les évènements féministes et que si on est baisables, on se considère comme chanceuses et que si t’as le malheur de hausser la voix, de dire que tu n’es pas d’accord, on te ghoste, te bloque et te place parmi la case des « intenses » (pour ne pas dire « hystériques »).

Et c’est en cela qu’il y a un devenir-allié*, le devenir-allié, c’est un devenir qui se fait à partir de l’écoute et de l’autonomie des concerné*, sans cela on reproduit le patriarcat, certes à petite échelle, mais on le reproduit quand même et des meufs trans en font les frais. Qu’on a beau vouloir s’aimer entre nous mais la transmysoginie est tellement forte qu’elle est aussi dans nos têtes et que me concernant, pour avoir du désir pour d’autres femmes trans et de l’amour (et j’en ai beaucoup), il m’a fallu d’abord aimer mon corps… Pas facile dans un milieu où culturellement, ton corps n’existe pas globalement…

« Pour le moment, nous ne sommes que des solitudes sans organisation pérenne parmi ce grand groupe soit disant ‘sororal’ qu’est le féminisme inclusif »

Concernant les allié* cis en devenir, je sais que mon opinion n’est pas partagée par beaucoup de personnes mais je pense que pour les meufs trans du moins (parce que je ne peux pas parler à la place des mecs trans), nous n’avons pas d’allié*… Parce qu’être allié* c’est reconnaître les privilèges structurelles dont on bénéficie quand on est une personnes cis et je pense qu’avant que des allié* puissent être allié* et donc nous accompagner vraiment dans nos luttes, il faudrait nous laisser nous autodéterminer entre meufs trans, fixer nos agendas, nous donner la possibilité d’être un groupe politique parce que pour le moment, nous ne sommes que des solitudes sans organisation pérenne parmi ce grand groupe soit disant « sororal » qu’est le féminisme inclusif qui nous dit que ce soit de façon directe ou indirecte ce qu’il faut faire ou ne pas faire…

Et quelques unes sont les heureuses élues du podium prises comme des token pendant que d’autres continuent à être isolées, seules dans leur coin à ne pas savoir si ce qu’elles pensent est valide… Il faut briser ce paradigme de star parce que je ne suis pas adhérente à cette idée du progrès au détriment d’autres personnes : c’est avec nous tout* ou c’est sans nous, du moins ce sera alors sans moi…

Tiré du blog de Joyce Rivière

Tu te dis prolote matérialiste, ton écriture est engagée et tu travailles à mettre en lumière la place des rapports de classe au sein de la communauté queer. Peux-tu nous parler de cet intimement-politique, ta trajectoire de vie, qui fonde ton écrit ?

Et bien je suis née en Province, en Alsace, mon père est routier, ma mère assistante de vie sociale et j’ai trois petites sœurs. Même si je suis séparée d’el* parce que leur christianisme évangéliste m’a écarté suite à mon coming-out, je considère que la bêtise ne vient pas des gen* intrinsèquement mais du manque d’information, j’ai moi-même du attendre d’avoir 28 ans pour découvrir les termes « cis » et « trans ». Je considère que la communauté queer a un énorme travail à faire sur les questions de classe, qu’être prolote charie beaucoup d’insécurité et la première, c’est l’insécurité économique…

Je pense que le grand boum qui a provoqué mon envie d’écrire vient de l’écrivaine fem Dorothy Alison, parce que j’ai trouvé en elle quelque chose que je peux relater à ma façon de voir les choses : oui, comme elle j’ai été battue et violée durant mon enfance et j’ai grandi dans tel milieu social qui est aux antipodes de ce que certaines personnes queer appellent « le schlag », aux antipodes, c’est-à-dire que c’était bien pire et que ce n’était pas drôle (parce que la faim quand on ne la choisit pas n’est pas drôle)…

La question de mon écriture c’est comment finalement parler de mes traumas, me les approprier comme quelque chose de puissant et aussi, surtout comme le dit l’écrivaine Nina Bouraoui dans Garçon manqué, il s’agît de rendre la honte et la honte je veux la rendre à la fois à straight world qui nous plonge la tête en plein dans sa violence quotidienne de conformité à des rôles de genre et en même temps à queer world pour sa négligence des questions de classe qui entraîne des logiques de propriétaires, des logiques de clan et de valorisation selon ton capital culturel-baise-genre-orginalité-singularité or je ne suis pas dans ce délire-là et ça me rend malade de savoir que des personnes queers possèdent des toits pendant que d’autres galèrent à trouver des logements (et je ne parle pas que de moi mais d’autres personnes que je connais qui sont dans cette situation et qui sont aussi des femmes trans, étrangement…).

Et ton devenir-butch ?

J’aime bien l’idée de devenir que tu énonces parce que oui ce n’est pas fini, de la même manière que la transition ne finit jamais. Et bien pour moi transitionner est un des outils de réparation de nos corps. Nous avons été tou* forcé* à jouer un rôle genré dans nos vies et me concernant, l’assignation à la masculinité hétérosexuelle ouvrière a été violente et j’en garde des traumas qui ne disparaîtront peut-être jamais… Tout d’abord j’ai transitionné pour échapper à quelque chose que je n’avais pas choisi : le mec cis hétéro, puis je me suis plus ou moins conformée à une forme de féminité, je me considérais comme fem (mais parce que globalement pour moi, être une femme trans butch était impensable et que je suis gouine) puis j’ai lu Stone Butch Blues de Leslie Feinberg en anglais (qui sera bientôt traduit youhouuu) et ça a été très intense pour moi de lire ce livre :  cette forme de masculinité féminine coincée dans ses émotions mais qui ne les réprime pas pour autant, qui ne sait juste pas quoi en faire, parce que ses émotions ont été tout le temps définies par les autr*…

Et il y a l’idée de faire autre chose avec la masculinité, de peut-être jouer avec les codes (parce que j’aime beaucoup tordre les paradigmes) et quelque chose d’esthétique : ça faisait longtemps que je n’avais pas mis de chemise à carreaux et de jean et durant les vacances, pour un date, je m’étais habillée comme ça et je me suis sentie puissante, puis on m’a prêté une long board et pareille : beaucoup de puissance… Et je sais que ça fait très cliché mais on en a besoin aussi des clichés pour avancer et supporter le poids étouffant de ce monde binaire. Puis bon il se trouve que j’ai découvert que je n’étais pas la seule transbutch du monde et que donc en plus d’être quelque chose de puissant pour soi, il y a aussi quelque chose de collectif qui se pose à l’intérieur de l’identité transbutch et ça, ça me plaît !

Tiré du blog de Joyce Rivière

De l’érotisme interindividuel à mal-être structurel, dans ton écrit l’image poétique de la peau passe par des états de brouillage, de plaisir,  de déchirure, de recomposition, défaite et refaite … tu te fais la peau à l’écrit, dis-nous en plus encore.

J’ai un rapport viscéral à la peau. J’aime tout ce qui touche la peau. Pour moi la peau c’est beau, c’est merveilleux, être touché* quand on y consent, c’est génial. À partir du moment où j’ai commencé à prendre des hormones, mes sensations se sont modifiées et cette extrasensibilité dermique a changé mon rapport à l’écriture déjà parce que la façon de s’administrer les hormones quand on est une femmes trans, en général est de façon transdermique : par patch d’oestrogène (me concernant) ou par gel d’estradiol… Le rapport à la peau est donc là central parce que c’est par la peau que ça passe et que ça se modifie et que ça construit autre chose…

« Ecrire mes déchirures, c’est aussi me les réapproprier et en faire un instrument de lutte »

Puis la peau est une zone de sensation extraordinaire et qui s’étend sur tout ton corps et qui varie les plaisirs : se faire griffer et/ou mordre dans le dos, ça ne donne pas la même sensation que se faire griffer et/ou mordre à la jambe, à la cuisse, à la périphérie de ton cul, à l’aine… Mais la peau c’est aussi la zone de percussion de ce monde tout passe par la peau et donc le pire aussi : j’ai été battue au point de considérer que ma peau est dure et tannée… Ecrire mes déchirures, c’est aussi me les réapproprier et en faire un instrument de lutte et c’est aussi une façon de me réapproprier la frustration permanente due à cette solitude structurelle dont on a parlé plus haut… J’ai souvent envie qu’on me déchire, qu’on me transperce, qu’on m’entaille et je l’écris, j’écris une utopie de mon corps comme un corps d’usage à disposition consentie.

Dans tes textes, l’érotisme a des effluves iodés et des horizons marins. Qu’est-ce qui t’évoque cette mise à l’eau ?

J’aime l’eau, je suis potomane et si un jour je veux (re)monter un groupe je l’appellerai pulsion orale (haha). J’aime les fluides, j’aime les sécrétions, j’aime la transpiration, j’aime l’eau au point de la porter dans mon nom d’écriture : Joyce Rivière. Il y a quelque chose de puissamment érotique pour moi dans l’eau… Je rêve de quelque chose d’impossible comme d’un gode d’eau qui me pénètrerait, qui me remplirait inlassablement entre le chaud et le froid. L’horizon marin vient aussi du poème d’Alvaro De Campos « Ode Maritime ».

La mer m’appelle à aller plus loin, à me projeter le plus loin possible, l’océan m’appelle dans les tempêtes et à l’attache du mât, écorchée par le crochet de la capitaine, la capitaine qui me tiendrait par les cheveux pour me maintenir dans l’eau afin que l’eau emplisse mes orifices et que je sois eau, que je devienne eau, que l’eau me prenne et me rejette vivante au bord de la plage pour me rappeler à nouveau à elle… Mais cette horizon marin ne va pas sans la Lune non plus… il y a quelque chose de l’ordre d’un paysage Lune / Mer-Océan puissamment érotique pour moi…

La communauté trans aux Etats-Unis est sous le coup d’une révision de ses droits fondamentaux. L’administration de Trump prend actuellement des mesures anti-trans, nie les identités et risque de supprimer légalement leurs existences. Un hastag #WontBeErased se met en place. Comment devons-nous réagir collectivement selon toi ?

Alors je ne peux pas dire comment on devrait réagir collectivement selon moi parce que justement c’est une question collective… Mais je crois me concernant qu’il faut retourner aux couteaux dont nous parle si bien Christiane Rochefort dans sa préface du Scum Manifesto de Valérie Solanas. Je pense que les droits ne nous servent qu’à avoir un peu de sursis mais qu’il y a une guerre déclarée depuis longtemps comme le dit aussi Paul Preciado dans sa lettre ouverte d’un homme trans au régime hétérosexuel. Comme le dit aussi, dans un autre style, Kate Bornstein dans son dernier article (traduit dans le blog transgrrrrls ici), il y a un « eux » et il y a un « nous » et ce « nous » est à construire urgemment à l’international tout en prenant en compte les spécificités de lutte de ce « nous » parce que ce qui se joue ne concerne pas que les personnes trans* mais les intersexes et tout* cel* qui ne veulent pas se conformer à la contrainte de l’hétérosexualité…  et que les premières personnes qui vont en pâtir ce seront les femmes trans racisées qui même avec les fameux « droits trans » ne sont pas protégées aux États-Unis (notamment au nom de cette horreur sans nom qu’est la Panic Defense…)

Je pense aussi que ce qui se passe aux États-Unis n’est qu’une amplification d’un fait : nous n’avons pas d’existence politique consistante et on en fait les frais aussi ici, sans cela, on vivrait mieux. En fait… The Handmaid’s Tale c’est déjà traumatisant en série, ce serait bien que ça n’ait pas lieu en vrai et pour se faire : il faut se battre.. Il ne faudrait pas oublier ce qui se passe non plus au Brésil parce que Jair Bolsanoro est maintenant président, c’est une véritable catastrophe : plein de personnes LGBTI seront assassiné* impunément comme l’a été Marielle Franco… En somme, je pense qu’il faut retourner la peur contre elle-même et pour moi le seule moyen c’est la lutte et non pas la politique de la visibilité (que critique Sam Bourcier son livre Homo Inc et ses prises de paroles actuelles) dans laquelle on se permet de dire et de croire que le genre est un fait d’actualité, comme si l’investigation, la taxinomie étaient des moyens de lutte (on le saurait). Enfin, comme l’a dit un-e ami-e et camarad-e : l’autodéfense hélas ne suffit pas, il s’agît maintenant de s’organiser, d’aller chercher les adelphes qui sont deter* et de trouver des moyens pour se donner de la force entre nous…

Après concernant ce qu’il faut faire collectivement, je ne peux pas parler au nom des autres mais il est certain que si on fait comme si de rien n’était, on court tou* au suicide et pour certain* ça prendra plus de temps parce qu’el* ont les moyens mais el* y passeront quand même, pour d’autr* ça ira beaucoup plus vite mais ce qui est sûr c’est qu’on va tou* y passer, et ce serait bien d’en prendre conscience : il n’y a qu’un océan qui nous sépare entre l’Europe, les US et le Brésil…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.