[TV] 6 séries à dévorer cet été

6 séries télé à dévorer cet été. Un top garanti sans spoilers !

1. The Handmaid’s Tale – Saison 1 (à voir sur OCS et ailleurs sur le web…)

Même si à la rédac de Friction, certain·e·s d’entre nous avons du mal à prononcer le nom de cette incroyable série, nous vous la recommandons plus que vivement. The Handmaid’s Tale n’est pas la première adaptation du roman du même nom (La Servante écarlate en français) de l’autrice canadienne Margaret Atwood. Dans le livre, déjà, Atwood décrit des États-Unis soumis à un régime totalitaire théocratique où, pour pallier l’infertilité de la plupart des femmes, celles encore capables d’enfanter sont réduites à l’état d’esclaves sexuelles pour les familles de l’élite. La première saison suit le quotidien de l’une de ces servantes vêtues de rouge, June, rebaptisée Offred (littéralement « of Fred », c’est-à-dire « qui appartient à Fred », l’homme de la maison à laquelle elle appartient, signe de sa perte d’identité).

La force du roman est de n’avoir, selon Atwood, « rien inventé » : toutes les situations décrites sont inspirées de pratiques réelles de régimes oppressifs. Les scénaristes de la série — aidée par Atwood elle-même — ont repris ce principe en inscrivant l’histoire écrite dans les années 1980 dans les questionnements politiques de 2017. En plus de la question du contrôle du corps des femmes, toujours au centre de l’histoire, la série évoque les oppressions LGBTphobes et les réalités de celles et ceux contraint·e·s de fuir leur pays. Appuyé par la qualité de la narration, des images et de la musique, The Handmaid’s Tale est terriblement d’actualité.

Attention cependant, quelques content warnings sont à prévoir, la série évoquant violences sexuelles, violences psychologiques et violences tout court.

2. Orange is the New Black – saison 5 (sur Netflix etc.)

On avait laissé les détenues de Litchfield sur une fin de saison 4 pleine de tensions et qui plaçait les questions raciales qui animent les États-Unis au cœur de la narration. Le teaser avec Nabila n’avait pas manqué d’exciter la curiosité de ceux et celles qui auraient pu être passé·e·s à côté de la nouvelle (et appréciable) dimension politique de la série. On l’a attendue, cette cinquième saison, et la voici, disponible sur Netflix depuis début juin.

Alors qu’on avait failli laisser tomber la série à cause d’une troisième saison qu’on trouvait pas si bien écrite, on se laisse pourtant séduire par la réflexion qui se construit au fil des épisodes sur la naissance de la démocratie. Les épisodes chroniquent presque en temps réels les bouleversements qui surviennent dans la prison livrée au chaos, et notamment le renversement de l’ordre social où les opprimées se voient offrir une chance de prendre le pouvoir. Les résonnances avec les luttes qui traversent les mouvements politiques américains sont puissantes et l’écriture ciselée maintient un rythme haletant. À binger sans hésiter.

3. GLOW (Netflix)

La série GLOW (acronyme de « Gorgeous Ladies Of Wrestling ») présente un groupe de femmes faisant du catch télévisé. Produite par Jenji Kohan, la créatrice de Weeds et… d’Orange is the New Black (encore elle), cette nouvelle série de Netflix coche toutes les cases d’une fiction féministe : il y est question de règles, les seins des femmes sont représentés dans des contextes non sexuels, elle se concentre sur un groupe hétéroclite de femmes qui s’émancipent… bref, GLOW livre un message positif en représentant des personnages féminins d’âges et de corpulences différentes tout en prenant en compte le vécu spécifique des femmes racisées.

Si la série met en évidence la construction des stéréotypes, on peut parfois regretter qu’elle se contente d’énoncer certaines pensées politiques sans forcément qu’on parvienne à suivre le message qu’elle veut faire passer. GLOW est une série intelligente qui se dévore sans hésiter mais laisse un petit goût de plaisir coupable : féministe et engagée, le programme donne parfois l’impression de vouloir plaire à tout le monde sans froisser personne. Et chez Friction, on aime bien quand les dominant·e·s sont un peu froissé·e·s quand même.

4. GIRLBOSS (Netflix)

Créée par Kay Cannon (scénariste pour New Girl) et produite par Charlize Theron (Young Adult), la série raconte la vie d’une jeune femme un peu paumée qui a réussi à faire fortune avec l’éclosion du e-commerce. Inspirée de l’autobiographie de Sophia Amoruso, créatrice de la marque Nasty Gal, GIRLBOSS revisite le rêve américain en retraçant le parcours d’une reine du commerce en ligne.

Résultat ? On aime le parcours de cette jeune femme partie de rien, décrocheuse scolaire mais chineuse de fripes hors pair, notamment pour le ton désabusé de son héroïne. On plonge avec plaisir dans cette nostalgie des années 2000 et de la découverte des sites de shopping en ligne, où internet apparaît comme un outil d’émancipation bien réel. Un argument supplémentaire ? On retrouve RuPaul au casting, et c’est plutôt une bonne nouvelle aussi. Mention spéciale pour la BO catchy qui intègre Le Tigre et Bikini Kill, entre autres.

5. Gypsy (Netflix)

Pour celle-ci, on doit bien vous avouer qu’on ne sait toujours pas si on adore ou si on déteste. Naomi Watts y incarne une thérapeute, Jean Holloway, qui perd progressivement le sens des limites et s’immisce dans la vie de ses patient·e·s. Ça commence plutôt bien, et on salue la façon dont est traitée la question du genre, notamment à travers le personnage de l’enfant de la thérapeute. Lorsque Jean est séduite par Sidney, l’ex d’un de ses patient·e·s, on apprécie aussi que la question de l’orientation sexuelle des personnages ne soit jamais abordée frontalement, la série donnant ainsi à voir de vrais personnages de bisexuelles, ce qui est assez rafraîchissant.

Pour autant, malgré l’excellent jeu de Naomi Watts, on peine un peu à savoir où Gypsy nous emmène, et le dernier épisode de cette première saison ne nous donne pas vraiment de clé. On reste sur notre faim, et on se demande toujours ce qu’on en a pensé.

6. American Gods (Amazon Prime en France)

Les humains ont créé les dieux…mais quand ils cessent d’y croire, les dieux disparaissent. L’Amérique d’aujourd’hui voue un culte à Mr. World, à Media (jouée par Gillian Anderson) et à Technical Boy – les dieux de la mondialisation, des médias et des technologies, respectivement – mais un dieu plus ancien, qui ressemble plutôt à vieil escroc, recrute un homme sortant de prison pour engager la bataille et ne pas disparaître.  On trouve aussi un leprechaun sexy mais gonflant, une morte-vivante badass, un représentant de commerce amoureux d’un djinn et une déesse qui dévore ses amant·e·s par le vagin.

Oui, l’histoire est parfois déroutante, voire confuse… mais l’esthétique de la série est franchement addictive.

BONUS

Si ça ne suffisait pas, on vous conseille de jeter un œil à Dear White People, adaptée du film du même nom sorti en 2014 et qui explore avec mesure et humour les différentes façons de vivre et de se projeter en tant que jeune Noir(e) promis(e) à faire partie aujourd’hui de l’élite américaine. Il vous est toujours possible de rythmer vos semaines en regardant chaque lundi un nouvel épisode de la saison 7 de Game of Thrones, où les femmes semblent prendre le pouvoir après des saisons à être maltraitées, violentées et humiliées.

Vous pouvez aussi dévorer la cinquième saison d’Orphan Black, qu’on aime fort pour la performance de l’actrice Tatiana Maslany qui joue une multiplicité de personnages, et pour la visibilité qu’elle offre aux communautés LGBTI.

Et, si vous n’êtes pas assez dégouté·e de la politique, House of Cards reste superbe même si le scénario peine à retrouver le souffle des premières saisons (envie d’exotisme ? la House of Cards britannique — produite par la BBC entre 1990 et 1993, bien avant avant que Netflix ne s’en inspire — est au moins aussi excellente que l’américaine…).

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