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Calling Marian sort un nouveau single : « Rainmaking »

Originaire de Lyon, Calling Marian est désormais bien installée à Paris. Elle vient de lancer son label CVNT Records, qui sort un EP de remixes de ‘Pisces’. Elle sort aujourd’hui son nouveau single : « Rainmaking ». L’occasion pour nous de lui poser quelques questions sur la géographie, son style, ses envies et sa politique musicale.

T’as rapidement fait ta place dans la scène électro parisienne, qu’est-ce que tu peux en dire ? Et par rapport à Lyon ?

Au départ c’était un peu vertigineux de quitter le réseau de Lyon, le seul que j’avais connu. Les premiers mois je n’ai pas fait grand chose, je n’ai pas beaucoup joué, mais j’avais tout de même des repères, la House of Moda et la Wet for Me notamment qui m’avaient bookée quand je ne vivais pas encore à Paris. Je pense qu’en partant de là, j’ai eu des opportunités, et puis le réseau se construit, petit à petit, au fil des  rencontres et des soirées. J’ai adoré vivre à Lyon et y jouer, c’est là que j’ai découvert la techno et les clubs, et j’ai très vite eu la chance de jouer sur des scènes incroyables. Je ne veux pas comparer Lyon et Paris pour dire que l’un est mieux que l’autre, mon sentiment est qu’à Paris, l’offre de DJs (femme ou queer notamment) est plus importante qu’à Lyon, et que la qualité des sets, le travail sur l’image et la recherche d’originalité sont autant de facteurs pour se démarquer.

© Jean Ranobrac

Où est-ce que tu te positionnes dans le spectre des musiques électroniques ?

Ma réponse ne va pas être simple (ni courte, attention). En DJ set, je suis à l’aise en techno, j’adore l’acid et j’ai aussi des influences trance. Il m’arrive aussi de jouer des sets electros ou downtempo, qui peuvent dériver vers l’acid house. J’aime les musique harmoniques, planantes, les longs morceaux qui évoluent et qui racontent des choses. En live, je joue mes morceaux réarrangés, c’est plus minimaliste qu’en DJ set (du fait que je joue avec les synthés et que j’utilise peu de pistes audios). J’ai aussi des influences qui datent de mes années à la fac de musicologie, l’écriture polyrythmique notamment et que j’utilise partout. Ce qui m’anime, c’est la fête et la danse, mais aussi le ressenti musical.

Tu fais partie du crew CONSPIRATION, c’est important pour toi de t’inscrire dans une démarche collective et militante ?

Oui ! pour ce qui est de l’aspect collectif, je me suis rendue compte – et c’est je pense spécifique à l’époque mais aussi à Paris en particulier – qu’il est difficile d’exister seul.e. Les collectifs proposent aux lieux ou aux organisateurs des plateaux tout faits avec leurs résident·e·s (je pense à Qui embrouille Qui, Camion Bazar, mais aussi plein d’autres) Du coup, tant que tu n’es pas une grosse tête d’affiche qui ramène du monde à coup sûr, il est de plus en plus difficile d’être bookée seule. Il est aussi compliqué de défendre ta vision personnelle de la musique et tes engagements militants. Créer Conspiration est apparu comme une évidence pour les personnes du crew. Nous avions des intérêts communs à nous rapprocher et à nous unir, pour proposer notre vision. Je crois bien que l’on est le seul collectif de soirées et de DJ non mixte où tout le monde fait de la prod musicale. Je trouve ça beau !

Le crew CONSPIRATION © Jean Ranobrac

Comment t’es venue l’envie de monter ton propre label ?

Cette idée me trottait dans la tête depuis longtemps, depuis mes premières sorties en fait.  Le digital est à portée de tous, et avec des moyens très minimes tu peux offrir ta musique au monde. Je voulais surtout avoir une structure légale qui permet de s’inscrire dans « l’institutionnel », et qui ouvre l’accès à des aides des formations, ce genre de choses. Avoir un label, c’est pouvoir décider de tout : le choix musical, de qui on s’entoure, les identités visuelles, comment on diffuse… Je voulais me prouver que j’en étais capable, être mon propre patron. Et puis il y a plein de choses qui m’intéressent au delà de la musique pure, c’est aussi un moyen de diversifier un peu mes activités.

La première sortie sur CVNT Records est un EP de remixes de ‘Pisces’, comment as-tu choisi les artistes avec qui tu as collaboré ?

Ça a commencé parce que Cinder (que nous avons booké à la Conspiration x Le Klub et qui m’a en échange invité à jouer à Strasbourg) m’a proposé de remixer le morceau « Pisces ». L’idée de sortir un EP de remixes a suivi naturellement. J’ai proposé à Korros qui est un excellent producteur dont j’adorais les morceaux avant que l’on entre en contact  un peu par hasard. Faast et Vikken sont des artistes que je côtoie beaucoup sur les line up de soirées notamment, Vikken fait aussi partie de Conspiration, c’est un bon ami et nous avons une passion commune pour les beaux synthés. Toutes ces propositions se sont faites à la fois par affinité artistique mais aussi amicale. Chose importante aussi, ça me tenait aussi à cœur de faire une compilation mixte. Je suis très fière du résultat, je pense que quand les intentions sont sincères les résultats sont bons

Avec ce label, est-ce que tu comptes produire d’autres artistes et mettre en avant des artistes minorisé·e·s ?

Je voudrais dans un premier temps créer une entité qui fonctionne, finir de me former sur la gestion de label et d’artiste et tout ce qui en découle, et utiliser cette plateforme pour sortir mes EPs et autres release sans dépendre d’autres labels. Et puis rapidement proposer des compilations, des maxis, réunir des artistes autour de mon projet oui. Lorsque je me sentirais assez expérimentée, je souhaite offrir l’opportunité à des artistes sous ou mal représenté.es de sortir leurs sons, et pourquoi pas proposer un accompagnement à la création, des outils de diffusions… Orienter davantage le label sur un modèle d’égalité dans la représentation, que fondé uniquement sur un style musical ultra précis, comme c’est déjà le cas pour plein de labels.

CVNT RECORDS :

Calling Marian :

Retrouvez Calling Marian et tout le crew CONSPIRATION pour la soirée Conspiration invite Voiron ce soir à à la folie !

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